Cinéma Georges-Méliès avec L'Internaute : films à l'affiche, horaires des séances, plan d'accès, avis des internautes. Georges-Méliès, 7 avenue de la
Le nouveau MELIES est arrivé le 19 août, la troisième semaine d'août, un peu comme le beaujolais nouveau qui en novembre apparait avec le troisième jeudi de novembre.
La cuvée cinématographique parait bonne avec un goût de banane et de cassis mais la je rigole.
Alors longue vie au nouveau MELIES avec l'esprit du MELIES D'antan.
Ci dessous des liens pour nos amis lecteurs de notre site.
Montreuil, ce mardi. Derniers coups de peinture. Le nom du cinéma a été inscrit ce mardi sur l’immense coque translucide du nouveau cinéma Méliès de Montreuil ...
LE CONFLIT DU CINEMA LE MELIES DE MONTREUIL
VICTOIRE AU CINEMA LE MELIES DE MONTREUIL
Grand moment d’émotion mercredi 07 mai , lorsque nous avons appris lors d’un Méliès Ephémère que Stéphane Goudet, Marie Boudon et Maud Mandille , injustement sanctionnés en décembre 2012 par
Dominique Voynet , été réintégrés par la nouvelle municipalité.
Le directeur
artistique du cinéma Méliès de Montreuil, licencié par Dominique Voynet, compte bientôt prendre sa revanche.
«La politique, ça ne peut pas être une sorte de Fight Club, où le seul objectif est de traîner l’adversaire dans la poussière, lui
faire rendre gorge, l’humilier, le détruire.» C’était en novembre, l’élue Europe Ecologie-les Verts (EE-LV) Dominique Voynet,
après six ans comme maire à la tête de la ville de Montreuil (Seine-Saint-Denis), créait la surprise en annonçant qu’elle ne
briguerait pas un second mandat. Elle se disait laminée par les coups tordus de ses adversaires.
Stéphane Goudet, qui était directeur artistique du cinéma le Méliès de Montreuil depuis 2002 et que Dominique Voynet a licencié
sans préavis ni indemnités, s’étrangle. Côté Fight Club, il a été servi. Accusé par l’élue verte et ses équipes
de «harcèlement moral» sur agent municipal, soupçonné d’un délit de «favoritisme» dans
l’attribution du marché du nouvel équipement numérique de la salle, de détournements de fonds pour des séances scolaires, Voynet
elle-même mouillant la chemise et parlant dans la presse de «sacs de billets dans un placard pour un total de 1
800 euros», et de création d’une «caisse noire» pour régler les faux frais cannois de Goudet en goguette
festivalière ou acheter de la cocaïne au cinéaste Abel Ferrara venu débattre un soir. Au fil des mois, le torchon n’a cessé de cramer
entre un directeur de salle jugé arrogant et une édile qui s’est lancé dans ce qu’elle estime être une
salutaire «déstalinisation»d’une ville qui a vécuvingt-quatre ans de communisme avec Jean-Pierre Brard.
Stéphane Goudet, qui n’est pas communiste et n’a de carte dans aucun parti (mais vote à gauche), a tout entendu, les noms
d’oiseaux sifflent. Il est la «star» ou la «diva», et finalement, le «sale type» et
le «voleur». Sonné, il n’a pourtant jamais été à terre : «Se prendre des coups dans la gueule en permanence, ça
te met en danger. Parfois, je voulais me barrer, c’était une question de survie psychique mais l’élan collectif, les gens de mon équipe
qui font quarante-six jours de grève, les associations de spectateurs qui manifestent, je ne pouvais pas lâcher
prise.» A la première contre-projection organisée en réaction à son licenciement, devant la salle comble réunie à la Parole
errante, un lieu alternatif construit sur le lieu même des anciens studios Méliès, il fond en larmes.
Quand il prend la tête du cinéma en 2002, il a failli changer de vie (un poste à Hanoi d’attaché audiovisuel, supprimé une semaine
après qu’il le décroche), il se lance dans une bouillonnante ligne éditoriale tous azimuts : festival de docus, débats intellectuels
(un partenariat avec le Collège international de philosophie), rencontre avec des cinéastes de renom. Le Méliès, pourtant pas
spécialement glamour, situé à l’une des sorties de métro dans une galerie commerciale à ciel ouvert à la station Croix-de-Chavaux,
devient l’un des hauts lieux de la cinéphilie et accumule les succès (200 000 spectateurs par an). La violence du conflit sera
d’autant plus irrationnelle, fondée sur une querelle de puissance. Un article du Monde met le feu aux poudres, il
est porté aux nues, Voynet n’est pas citée une seule fois. Elle est folle de rage. «Est-ce qu’on connaît le nom du directeur
de la piscine municipale ou de la bibliothèque ?» entend-on dans les couloirs de la mairie alors que l’alliance avec les
socialistes explose et que le soutien de Stéphane Goudet, l’adjoint à la Culture Daniel Chèze, quitte le navire.
La cinéaste Dominique Cabrera, vivant à Montreuil, se souvient du jeune directeur, maître de conférence à Paris-I, spécialiste de
Jacques Tati, critique à Positif, toujours en costume et chemise classique, débarquant à la tête du Méliès
: «J’étais dubitative. Il avait tout de l’universitaire bon teint. Mais je crois que la mission l’a transformé,
galvanisé, révélé. Il n’a cessé de devenir de plus en plus à l’aise devant le public avec un côté bateleur culturel à la fois
intelligent et drôle. Les gens, qui viennent de milieux plutôt modestes et populaires, ont adoré ça.»
Nos premiers contacts avec Goudet datent de 2007. Il cherche à l’époque à parler à des journalistes car son cinéma municipal est
attaqué par une hydre commerciale en furie. En effet, les circuits d’exploitations UGC et MK2 se sont associés pour empêcher un projet
d’extension du cinéma de 3 à 6 salles art et essai au nom d’un«abus de position dominante» et
de «concurrence déloyale» puisque le cinéma est subventionné et qu’il peut faire, soi-disant, de l’ombre, à l’UGC
Cité-Ciné Rosny, qui n’est rien moins que le troisième cinéma de France, avec 2,3 millions de spectateurs par an ! Une vaste
blague mais qui va durer deux ans.
La capacité de contre-offensive de Goudet déstabilise ses attaquants. En quelques jours, il fait grossir de plusieurs centaines de
signatures une pétition de soutien avec des noms aussi prestigieux que David Lynch, Wong Kar-wai, Abbas Kiarostami ou Laurent Cantet
(qui habite dans le secteur). UGC-MK2 finissent par jeter l’éponge, abandonnant la procédure en 2010. «Il a un côté
pitbull, toujours en guerre, difficile à prendre en défaut,raconte Jacques Audiard, et en même temps, il a cette
courtoisie de l’intellectuel académique. C’est très agréable.»
Le goût du cinéma pourtant lui est venu tard, après le bac, en classe prépa littéraire. Il sèche les cours, voit quatre à cinq films
par jour entre Cinémathèque et Quartier latin. Le choc, la matrice est un film de Murnau,le Dernier des hommes,
le récit d’une humiliation sociale : un vieux portier de grand hôtel est relégué par le directeur de l’établissement à l’entretien
des toilettes. Il a grandi à Chartres. Ses parents sont enseignants spécialisés dans l’enfance inadaptée : «Mon père a eu une
activité politique pendant vingt ans que je trouve admirable : conseiller municipal d’opposition dans une ville très à droite. Son
moteur était la vie associative.» Les premières armes militantes, il les affûte à la cité universitaire d’Antony quand
Patrick Devedjian annonce qu’il veut raser la barre d’immeubles réservés aux couples : «On a créé un mouvement dur, hors
syndicat, avec occupation au long cours du restaurant universitaire, un mouvement qui s’est trouvé rencontrer les grèves massives
contre Chirac et Juppé en 1995 où la France était dans un bordel sans nom. Ça a été une formation sur le tas de ce qu’est
une mobilisation, y compris dans ses aspects de médiatisation : comment faire venir un politique, intéresser les journalistes à ce
qui est en jeu à cet endroit-là.»
Aujourd’hui, il hume l’air de la vengeance, traînant Voynet devant les tribunaux pour diffamation publique. Tous les candidats (sauf
les Verts) l’ont assuré qu’ils veilleraient à ce qu’il réintègre son poste perdu. Lui, marié, deux enfants, n’habite pas Montreuil mais
Sucy-en-Brie (Val-de-Marne). Il y a voté au premier tour pour une liste d’Union de la gauche, éliminée, «je ne
voterai donc pas au second». Le chantier du nouveau Méliès, lui, s’éternise. L’inauguration prévue pour le printemps est repoussée
au premier semestre 2015.
————————————
Post du journaliste :
"la dimension collective était présente tout au long de notre entretien
que j'ai réécouté intégralement mais le genre du portrait tend à sur-singulariser le traitement, j'ai tenté de faire mention des trois
autres personnes mais ca fonctionnait pas très bien, Enfin, le débat sémantique sur "revanche" et "vengeance" je le comprends mais
j'avais aussi besoin de dramatiser le Fight Club. Toutes mes excuses a transmettre donc aux personnes qui se sentent
lésées."
Dans le
nouveau programme, nous constatons que le cinéma Le Méliès organise une séance spéciale le vendredi 28 mars, à 20h 30, autour du film
culte Phantom of the
paradise de Brian de Palma. Cette séance est
annoncéeorganisée en collaboration avec l'association M le Méliès, association soit-disant apolitique créée par
les proches de Mme Voynet en septembre 2013 mais totalement absente depuis. En cette veille électorale, cette
association fantôme est présentée par Mmes Voynet et Perrier (signataires de l'éditorial) comme appui pour "accompagner une programmation
plus ouverte à tous les publics montreuillois". Renc'Art au Méliès, qui a été exclu de ce
programme et du cinéma par les mêmes commanditaires, incite ses adhérent(e)s à assister à cette soirée extraordinaire et à aller à la
rencontre de cette autre association qui semble avoir tant de projets pour le futur "six salles".
À la suite de la plainte pour diffamation par trois salariés du cinéma Méliès, Dominique Voynet a été mise en examen. Ce qu'elle a
caché à son conseil municipal, le 6 février, au moment de demander, et d'obtenir, la prise en charge par la ville de ses futurs
frais de justice. Dernier acte d'un conflit dévastateur, dont Le Méliès et les Montreuillois devraient finalement sortir
vainqueurs.
Il se
fait tard et l'ambiance est lourde dans la salle des fêtes de l'hôtel de ville de Montreuil où sont réunis, pour la dernière fois,
les 55 conseillers municipaux (1). Dominique Voynet demande que lui soit accordée la « protection fonctionnelle », suite
à la plainte pour diffamation publique envers particulier, déposée contre elle, le 12 avril 2013, par trois salarié-e-s du
Méliès (il s'agit de Stéphane Goudet, directeur artistique du cinéma, licencié ensuite par Dominique Voynet, Marie Boudon,
animatrice jeune public, Maud Mandile, comptable, toutes deux mutées ensuite contre leur gré dans d'autres services municipaux).
La « protection fonctionnelle » permet à une commune de prendre en charge les frais de justice de son maire lorsque
celui-ci fait l'objet de poursuites pénales « à l'occasion de faits qui n'ont pas le caractère de faute détachable de
l'exercice de ses fonctions ».
QUESTION
LÉGITIME
Une protection prévue par la loi mais qui n'est pas automatique ; elle est laissée à l'appréciation du conseil municipal qui
doit décider, par un vote, de sa légitimité. Ce qui suppose, à l'évidence, que les conseillers municipaux disposent de toute
l'information nécessaire sur les tenants et les aboutissants de la procédure en cours. D'où la question posée à Dominique Voynet
(par la présidente du groupe socialiste, Alexie Lorca) : « Pouvez-vous nous dire où en est cette plainte ? »
Réponse de Dominique Voynet : « Je risque la mise en examen pour complicité de diffamation, sachant que c'est le
directeur de publication du « Monde » (2) et le directeur de publication de « Télérama » (3) qui eux seront
(sic) accusés de diffamation. »
Un « risque » ? Mais Dominique Voynet a reçu notification de sa mise en examen pour complicité de diffamation
publique courant janvier 2014, soit bien avant le conseil municipal du 6 février... Pourquoi a-t-elle menti sur sa situation
judiciaire, à l'heure de faire voter la prise en charge de ses frais de justice par les contribuables montreuillois ?
QUESTION SANS
RÉPONSE
Sollicitée par mail, Dominique Voynet ne répond pas à cette question. Elle confirme sa mise en examen, mais elle tente aussitôt
d'en atténuer la portée en prétendant que celle-ci « est, comme vous le savez parfaitement, quasiment automatique dans les
allégations de diffamation ». Or le juge n'avait-il pas aussi le choix de donner le statut de témoin assisté à la maire de
Montreuil ou, tout simplement, de la relaxer immédiatement si elle était en mesure de prouver ses allégations ?... Et si elle
n'avait aucune preuve, toute accusation ne relève t-elle pas d'une faute grave qui mériterait sanction ? D'autant plus que
l'enquête administrative interne qu'elle a diligentée a été produite à charge, en accumulant faux et approximations.
Comme elle l'a fait au conseil municipal du 6 février, Dominique Voynet rejette la responsabilité principale sur les directeurs de
publication, avec qui elle « partage dans ce dossier la “vedette” », ironise-t-elle, précisant qu'elle « n'y voit
rien d'honteux.» Certes, mais ce sont bien les propos qui lui sont imputés, dans « Télérama » et dans « Le
Monde », qui lui valent d'être mise en examen pour diffamation. Des propos « qui ne mettent en cause personnellement
aucun des trois agents qui se sont sentis visés », plaide-t-elle, alors que la suspension des trois agents est exposée dans
les articles avec mention de leurs fonctions.Et de conclure : « Et (ces propos) sont loin d'atteindre le degré
d'ignominie et d'insulte de ceux que vous, et d'autres, avez dits ou écrits à mon sujet. »
Eux aussi contactés, les trois plaignants n'ont pas souhaité commenter une décision de justice.
AVALANCHE
D'ACCUSATIONS
Dans les deux articles incriminés (l'un paru dans « Télérama », du 15 janvier 2013, l'autre dans « Le Monde »,
du 21 janvier 2013, articles qui valent, à leurs directeurs de publication d'être mis en examen), Dominique Voynet accusait les
personnels du Méliès d'avoir caché «des sacs de billet dans un placard pour un total de 1800 euros», d'avoir constitué une
« caisse noire» destinée à payer des « faux frais » au festival de Cannes, à « rémunérer des cinéastes venus
présenter leurs films et à acheter de la drogue »... « et même la cocaïne d'Abel Ferrara » !
Rappelons qu'à l'époque l'équipe du Méliès eut à subir une véritable avalanche d'accusations publiques, faisant allégrement fi de
la présomption d'innocence, de la part de membres de la majorité municipale et de militants locaux d'Europe Écologie les Verts
(EELV). Comme ce Tweet du 11 février 2013, de Mireille Alphonse, co-secrétaire d'EELV Montreuil, membre du bureau du conseil
fédéral d'EELV et, présentement, directrice de campagne du candidat Vert aux élections municipales à Montreuil, Ibrahim
Dufriche-Soilihi. Elle y écrivait, en réponse à un tract syndical de soutien aux travailleurs du Méliès : « La CGT en
perte de repères ! Détourner l'argent pour les séances scolaires, ce ne serait pas si grave ? »
Lors du conseil municipal, la maire de Montreuil a plaidé qu'en « ce qui concerne les articles en cause, les mots qui me sont
représentés, euh, qui me sont reprochés sont d'une telle bénignité que je ne me sens pas réellement en difficulté ». Ajoutant
que ces articles sont « une sorte de synthèse et peut-être même de caviardage de ce qui a été réellement expliqué aux
journalistes ». « Bénignité », vraiment ?
70 000 SPECTATEURS
EN MOINS
Un an après, les accusations de Dominique Voynet contre les salariés du Méliès ont fait long feu. Le CNC (Conseil national du
cinéma) n'a pas suivi la maire en refusant toute sanction contre le Méliès sur la gestion des séances non commerciales (46 sur 13
500), a changé la réglementation concernant ces séances marginales qu'il a admis sujettes à « confusion » et a rejeté
toute accusation de «détournement des entrées scolaires ». Quant à l'accusation «d'enrichissement personnel », elle a
rapidement été abandonnée.
Un an après, Le Méliès, qui pouvait s'enorgueillir d'être le fleuron des salles classées Art et essai, Recherche et Jeune public en
banlieues, n'est plus que l'ombre de lui-même.
D'après le C-ism (Collectif indépendant des spectateurs du Méliès) (4), le bilan est calamiteux : 70 000 spectateurs en
moins en 2013 par rapport à la fréquentation moyenne annuelle de la dernière décennie (180 000 entrées) ; soit 300 000 euros
de perte de recettes en un an ; un effondrement du travail d'animation avec huit réalisateurs invités au lieu d'une
soixantaine par an ; la perte des principaux festivals (Rencontres du cinéma documentaire, Est-ce ainsi que les hommes
vivent ? Rencontres de la Seine-Saint-Denis) ; la fin de collaborations essentielles (Maison populaire, Collège
international de philosophie, Périphérie, associations de quartier), la dissolution du Conseil consultatif du cinéma Méliès et la
création d'une association para-municipale de spectateurs créée par des conjoints d'élus et des soutiens de la maire...
NOUVEAU MÉLIÈS EN
PÉRIL
Un lourd bilan que les quinze salariés du Méliès ont payé au prix fort : une violence quotidienne et tous azimuts (deux
enquêtes administratives avec 35 auditions, des accusations diffamatoires en série...) ; deux grèves en un an, dont l'une,
historique, de 46 jours, contre la mise à l'écart de quatre salariés (dont un, le directeur artistique, Stéphane Goudet, licencié
sans préavis ni indemnités, non pour avoir « mis en place une “caisse noire ” ou pour avoir acheté de la drogue aux
réalisateurs », mais pour « non dénonciation d'une irrégularité comptable » et, surtout, pour « non respect du
devoir de réserve »... après s'être défendu des accusations jugées par lui diffamatoires !)
Enfin, pour couronner ce désastre humain et culturel, et contrairement aux promesses réitérées de Dominique Voynet et de sa
majorité, l'ouverture du nouveau cinéma Méliès de six salles (trois actuellement), le Nouveau Méliès, annoncée pour fin 2014 (date
immédiatement démentie par la communauté d'agglomération Est Ensemble), pourrait ne pas intervenir avant... 2016, voire
2017 (les travaux de construction sont à l'arrêt !). Avec une facture qui a explosé, passant de 8 millions d'euros, au
début du projet, à 18,7 millions d'euros (5).
Un collectif de huit cinéastes (Solveig Anspach, Dominique Cabrera, Robert Guédiguian, Dominik Moll, Gérard Mordillat ,
Chantal Richard, Bertrand Tavernier, Jean-Pierre Thorn) écrivait, dans une tribune
publiée sur ce blog (6), le 16 avril 2013 : « Ce qui s’est joué à Montreuil c’est la sanction d’une équipe qui avait
osé dès 2006 résister (“avec arrogance ” dira Voynet !) au recours d’UGC/MK2 pour “concurrence déloyale” contre le
projet d’extension du Méliès de 3 à 6 écrans. » Cela dans un contexte hexagonal où les salles de cinéma
indépendantes sont menacées de mort par la concentration de l'exploitation (7).
REINE
GUERRIÈRE
En annonçant, le 26 novembre 2013, qu'elle ne briguerait pas un second mandat municipal (8), Dominique Voynet a eu droit pendant
des semaines aux honneurs médiatiques. D'interview en interview, à la télé, à la radio, dans la presse écrite, sur Internet, mêlant
dénonciations incendiaires aux confidences les plus intimes, elle est parvenue à brosser d'elle-même le portrait d'une innocente
victime des mœurs « cannibales » de la politique professionnelle.
Ainsi, parmi bien d'autres exemples, dès le lendemain de l'annonce de son retrait, Gérard Pancrasi, dans
« l'Express.fr »(9), n'a-t-il pas hésité à comparer Dominique Voynet à « la Kahéna, cette reine guerrière du 7e
siècle qui fut considérée comme la première féministe de l'histoire, dont le nom signifie en grec “être pure”, et qui paya de sa
vie sa lutte contre la dynastie des califes ».
Et d'ajouter que « ses déclarations sont loin d'être anodines : elles sont un signal d'alerte d'une dégradation de
nos mœurs politiques. L'ancienne ministre de l'Écologie demande que la vie politique change, car l'atmosphère y est
irrespirable ». Dominique Voynet dénonce dans sa lettre de renonciation à un second mandat municipal le « fight
club » de la politique, « où il s'agit de traîner l'autre dans la poussière, de l'humilier, de le détruire ». Elle y
prétend « refuser de rendre coup pour coup, d'user du mensonge, de la calomnie et de l'insulte ».
DERNIÈRES
CARTOUCHES
Les dernières semaines de son mandat municipal auront montré que Dominique Voynet n'a pas perdu son « punch » pour tenter
d'empêcher, qu'après son départ, les quatre agents, par elle écartés, soient réintégrés. Car tous les candidats qui se présentent
aux élections municipales s'y sont engagés (du NPA et de Lutte Ouvrière à l'UMP, en passant par le Front de gauche, les Divers
Gauche, la liste de l'ancien Maire Jean-Pierre Brard et le Parti Socialiste). Seule exception : la liste d'Europe Ecologie Les
Verts. Mais, ultime complication, pour que cette promesse soit tenue, il fallait que le successeur de Dominique Voynet ait encore
le pouvoir et le temps d'agir avant le transfert prévu de la gestion des personnels du Méliès de la commune de Montreuil à la
Communauté d'agglomération d'Est ensemble (10).
Aussi, utilisant ces dernières cartouches, la maire a-t-elle bataillé jusqu'à la dernière seconde pour que ce transfert ait lieu à
une date qui rende impossible à son successeur la réintégration des agents du Méliès. Elle voulait le 1er mars — avant
l'élection municipale !... — mais, finalement, après une mobilisation et une nouvelle grève du Méliès, de recul en
recul, c'est la date du 1er juin qui l'a emporté. Ce qui devrait permettre à la communauté d'agglomération de récupérer l'équipe au
grand complet et, dans la foulée, de créer enfin les conditions pour que le cinéma Méliès renaisse de ses cendres.
AUTOPORTRAIT
Dominique Voynet a perdu sa dernière bataille. Sans doute, en s'attaquant à une petite équipe de 15 personnes d'un cinéma
municipal était-elle loin d'imaginer pareille résistance à son omnipotence. Et encore moins que des milliers de Montreuillois se
solidariseraient avec leur combat. Elle aurait pu vivre et laisser vivre une expérience magnifique, mais elle n'a pas supporté
l'indépendance et la liberté d'esprit de ses acteurs. Il lui fallait prendre le contrôle de cet ovni citoyen, coûte que coûte, et
ce dès son arrivée à la mairie de Montreuil.
Dominique Voynet est un symptôme de la crise de la représentation et c'est son autoportrait qu'elle dessine en dénonçant les affres
de la politique. La future ex-maire de Montreuil n'est pas un cas isolé, sa pathologie du pouvoir est hélas partagée par des
milliers d'autres élus, des communes aux plus hauts sommets de l'État. Puisse son « sacrifice » être utile.
(5) Vidéo où Dominique Voynet présente le Nouveau Méliès avec une animation qui met en appétit, à juste titre, et où elle annonce
son ouverture en novembre 2013 :http://www.youtube.com/watch?v=8gu-JnaLDVE
(10) Pour en savoir plus sur le passage de la gestion des personnel du Méliès à Est ensemble, l'éclairage de la Cgt des
Territoriaux de Montreuil sur son site :https://territoriauxcgtmontreuil.wordpress.com/
Le Conseil d’administration de notre association vous invite à participer à son
assemblée générale
mercredi 12 mars, dès 18h 30
école Diderot
19 avenue Walwein
93100 MONTREUIL
Comme l'an dernier, nous avons sollicité l'autorisation de pouvoir nous réunir dans une salle de notre cinéma, cette fois-ci auprès du
président de la communauté d'agglomération Est-Ensemble. Celui-ci nous l'accorde, mais dans le courant du mois d'avril.
Le conseil d'administration, après en avoir longtemps débattu, préfère tenir cette assemblée statutaire avant les élections : voilà
pourquoi, cette année encore, nous nous réunirons ailleurs et ne bénificierons pas de la projection d'un film à cette date.
Statutairement, il s’agira de renouveler notre Conseil d’administration.
Au vu de la situation actuelle du cinéma, des changements que vont apporter les prochaines échéances électorales et les bouleversements
créés par les lois qui vont imposer les transferts de compétences de la communauté territoriale vers la Métropole du Grand Paris, il va
aussi s'agir de débattre et décider de la position de notre association par rapport à la gestion du cinéma "3 salles" et "6 salles".
Il se peut que vous n’ayez pas encore renouveler votre adhésion : il n’est pas trop tard et vous pourrez le faire jusqu’au 12
mars.
À ce jour, nous comptons 235 adhérents : nous devrons donc élire 17 administrateurs.
S’agissant de l’assemblée générale ordinaire, sont joints à ce courrier l’ordre du jour, votre pouvoir, si vous ne pouvez être présent,
et l’appel à candidature au Conseil d’Administration.
Si vous souhaitez que d’autres sujets soient abordés lors de cette assemblée, nous vous remercions de nous les transmettre avant le 5
mars pour qu’ils soient inscrits dans les questions diverses.
Nous vous recommandons de faire acte de candidature pour contribuer au renouvellement de ce Conseil et, dans ce cas, de nous le faire
savoir, avant le 5 mars, en envoyant votre candidature à notre adresse.
Pour le Conseil d’administration,
Marie-Madeleine Cornières
Quelques recommandations pratiques pour prendre part aux votes
:
- être adhérent-e à jour de cotisation,
- présenter sa carte d’adhésion à l’entrée,
- les détenteurs de pouvoirs nominatifs (2 maximum par adhérent-e)
voudront bien se munir de la carte d’adhésion de leurs mandants,
- les pouvoirs non nominatifs peuvent être envoyés, à
l’association (35 avenue de la Résistance) ; le bureau de l’assemblée générale les proposera aux adhérent-e-s
volontaires,
- aucune nouvelle candidature d’administrateur ne pourra être ajoutée à la liste proposée à
l’assemblée.
CANDIDATURE
AU CONSEIL D’ADMINISTRATION
Renc’Art au Méliès
Nom :
Prénom :
Adresse :
Carte adhèrent N°:
Je souhaite être candidat(e) au conseil d’administration de l’association
Renc’Art au Méliès
Date et signature :
Merci de nous faire parvenir votre acte de candidature avant le 5 mars
2014.
(35 avenue de la Résistance, MONTREUIL 93100)
assemblée générale ordinaire 2014
POUVOIR
à présenter à l’entrée
Nom : Prénom :
Adresse :
Carte adhèrent N°
Donne pouvoir à
Nom : Prénom :
Adresse :
Carte adhèrent N° Date et signature :
Deux pouvoirs par adhérent-e sont admis. Pour les
détenteurs de pouvoirs, se munir de la carte d’adhésion des mandants
Reniant sa parole, Dominique Voynet fait le forcing pour que le cinéma municipal d'art et d'essai de Montreuil (93), le Méliès, passe sous la coupe de la Communauté d'agglomération (Est ensemble)
avant les élections municipales (où elle ne se représente pas). Les personnels concernés viennent de déposer un préavis de grève pour le 31 janvier.
« Aujourd'hui, écrit la CGT de la ville à la maire de Montreuil,vous décidez de transférer les agents [du Méliès] à la CAEE[Communauté d'agglomération Est ensemble] en toute hâte sans tenir compte ni de vos engagements d'un transfert à la livraison du nouveau six
salles [prévues fin 2014], ni de l'état de“délabrement” de l'ensemble des agents, toutes missions confondues. » (1)
Dominique Voynet avance à présent l'échéance du 1er mars. Si c'était le cas, l'équipe municipale issue des élections
arriverait aux commandes... dépossédée de son pouvoir sur les personnels du Méliès. Une grossière manœuvre de dernière minute, la majorité de candidats s'étant déclarée favorable à la réintégration
des personnels injustement sanctionnés par Dominique Voynet !
Après avoir jeté l'éponge, celle-ci déclarait : « Je me prive du
plaisir d’inaugurer. Mais je ne me prive pas de la responsabilité de consolider les projets que j’ai lancés pour les rendre irréversibles. »
Après un an de lutte, dont 48 jours de grève, l'équipe du Méliès reste combative, résistante au harcèlement de sa
hiérarchie, plus que jamais solidaire de ses collègues écartés par la municipalité, .
Président de la Communauté d’Agglomération Est Ensemble
Monsieur le Président
Comme vous le savez le cinéma Le Méliès, qui est sous votre responsabilité depuis le 1er janvier 2012, va mal : chute de la
fréquentation, perte énorme de recettes, frustration des spectateurs, souffrance du personnel, dégradation de la salle… Et les travaux
du nouveau Méliès viennent seulement de commencer, avec une nouvelle année de retard.
L'éclatement de l'équipe, le licenciement de Stéphane Goudet, le non renouvellement de contrat d'une programmatrice, la mutation
autoritaire de la programmatrice jeune public et de la comptable ne sont pas pour rien dans ce désastre.
Les graves accusations portées par l’équipe municipale sortante se sont révélées sans fondement. Est Ensemble, censé être victime
d’un « détournement de fonds » imaginaire, a refusé de s’associer à la plainte déposée par la municipalité. C’est tout à
votre honneur mais il serait temps aujourd’hui de tirer les conséquences de l’effondrement des accusations.
A trois mois des élections municipales, toutes les têtes de liste connues à ce jour se sont déclaré favorables à la réintégration
de l’équipe qui avait construit le rayonnement exceptionnel du Méliès. La plupart se sont prononcées en faveur du retour à la Ville de
cet équipement emblématique de Montreuil. Vous avez pourtant annoncé au personnel du cinéma, que vous avez rencontré le 19 décembre
[est-ce le 19 ? ou le 18?] , qu’il serait transféré à l’agglomération d’ici quelques jours.
Le même jour le Parlement adoptait définitivement la loi instituant la Métropole du Grand Paris. Cette loi, qui prévoit la
suppression des intercommunalités, entraîne la disparition d’Est Ensemble dans deux ans et le transfert du Méliès à la Métropole, sauf
si Est Ensemble accepte de rendre cet équipement à la ville de Montreuil dès 2014.
Pourquoi ce transfert précipité, alors que la municipalité avait affirmé qu’il n’aurait lieu qu’après l'inauguration du six
salles ? Pourquoi cette intransigeance affichée devant le personnel et cette volonté de mettre la prochaine municipalité devant le
fait accompli ?
Cela nous paraît inexplicable ! Et inacceptable !
C’est pourquoi nous exigeons que le transfert du personnel soit différé
et que soit laissée ouverte la possibilité que le cinéma soit rendu à la ville de Montreuil. Nous demandonsque
le Conseil Communautaire en débatte d’urgence.
Est-il besoin d’ajouter que vous vous honoreriez si vous mettiez fin
dès maintenant aux sanctions injustes infligées à plusieurs membres du personnel, avec les conséquences que chacun peut constater
aujourd’hui ? Nous vous le demandons expressément.
Nous vous prions d'accepter, Monsieur le Président, l'expression de
notre considération distinguée.
Le Méliès a été
transféré à l’agglomération au 1er janvier 2012. Le personnel du
Méliès continue ses tâches au cinéma tout en restant salarié par Montreuil, qui le met à disposition d’Est Ensemble. Les feuilles de
paie sont établies par Montreuil. Est Ensemble rembourse la Ville. Toutes les recettes vont à Est Ensemble, toutes les dépenses sont
supportées par Est Ensemble.
Ainsi Est
Ensemble a subi un énorme préjudice financier (plus de 100 00 euros) du fait de la crise du Méliès déclenchée par la municipalité de
Montreuil qui a purement et simplement inventé des « détournements de fonds ». Ces accusations sont aujourd’hui complètement
dégonflées, mais le personnel licencié, dont le contrat n'a pas été renouvelé ou muté n’a pas été réintégré et le cinéma fonctionne
très mal.
La mise à
disposition du personnel depuis 2012 est censée être provisoire. Il faut en effet respecter une procédure assez longue et complexe pour
que chaque salarié change d’employeur en tenant compte des particularités propres à chaque collectivité (primes diverses, COS etc.).
Mais, à terme, le transfert d’un équipement public entraîne nécessairement celui de son personnel.
Il faut toutefois
tenir compte de deux éléments nouveaux pour différer le transfert même s'il est aujourd’hui possible
techniquement.
1. La
disparition d’Est Ensemble
Le Parlement
vient d’adopter définitivement la loi créant la Métropole du Grand Paris. Cette métropole va
récupérer toutesles compétences des communautés d’agglomération, qui
seront purement et simplement supprimées fin 2015, dans deux ans. Tous les équipements que Montreuil a transférés à Est Ensemble (le
Méliès mais aussi les bibliothèques, le conservatoire, les parcs, les équipements sportifs) partiront à la métropole (124 communes, 6,7
millions d’habitants, des dizaines de milliers de fonctionnaires…).
Ainsi le
personnel du Méliès ne resterait que deux ans à Est Ensemble et subirait un nouveau transfert en 2015…
2. Les
élections municipales
Le démantèlement
de la remarquable équipe du Méliès a été particulièrement mal vécu par les Montreuillois attachés au cinéma, indépendamment de leur
opinions politiques. Aussi l’avenir du cinéma constitue un des enjeux des prochaines élections :
- Faut-il
réintégrer l’équipe pour que le Méliès retrouve son rayonnement ?
- Doit-on laisser
partir le Méliès à la Métropole ou en faire un des piliers de l’action culturelle de la ville ?
Plusieurs
candidat(e)s ont publiquement déclaré leur volonté de réintégrer l’équipe et de récupérer le Méliès. Il semble qu’Est Ensemble ait la
volonté de mettre les nouveaux élus devant le fait accompli : le transfert du personnel rendrait très difficile le retour de
l’équipement à Montreuil et la réintégration de l’équipe.
Pourquoi
s’adresser à Gérard Cosme ?
En tant que
Président d'Est Ensemble c’est lui qui détient le pouvoir au Méliès. C’est lui qui est venu annoncer en personne au personnel qu’il
allait être transféré sans délai. C’est lui qui a couvert le démantèlement de l’équipe. Depuis le 1er janvier 2012 c’est lui le patron
du Méliès. C’est Est Ensemble qui a modifié les tarifs. C’est sous ses ordres que la hiérarchie de Montreuil (DGS, DGA etc.) a licencié
Stéphane Goudet. Il est clair que c’est à la demande de Dominique Voynet. Mais il avait le pouvoir de refuser.
Aujourd’hui il
peut reporter le transfert du personnel. Et il pourrait réintégrer l’équipe. C’est pourquoi c’est à lui qu’il faut
s’adresser.
Pourquoi
s’adresser à Razzy Hammadi député
Il est
malheureusement clair que Gérard Cosme se soucie plus de ses bonnes relations avec la maire de Montreuil que de l’avenir du Méliès. Il
a jusqu’à présent méprisé les demandes qui lui ont été adressées, en dépit du large soutien qu’elles ont reçues et il a refusé de
prendre ses responsabilités.
Le député a
manifesté clairement, à de nombreuses reprises, son soutien à l’équipe. Il s’est exprimé en faveur du retour du Méliès à la ville de
Montreuil.
Socialiste comme
Gérard Cosme, qui mieux que lui peut convaincre ses amis socialistes, qui dirigent Est Ensemble, d’adopter une attitude plus
constructive en faveur du Méliès ? En tant que député de Montreuil et de Bagnolet, en tant que« poulain » de Claude Bartolone, il a un poids certain. Il
pourra relayer nos demandes, et montrer ainsi que son soutien est réel.
Nouveau coup de force d’Est Ensemble contre le personnel du Méliès
Depuis
une dizaine de jours la rumeur court que l’équipe du cinéma Méliès sera transférée à la communauté d’agglomération Est
Ensembledès le
1er janvier
2014. Pourtant, suite à une question de Jean-Pierre Brard au Conseil Municipal, Madame la Maire avait déclaré que ce
transfert ne serait effectif que lorsque le nouveau cinéma sera ouvert, c’est-à-dire longtemps après les élections
municipales.
Pourquoi cette précipitation soudaine ? Depuis l’annonce officielle de Ma Ville j’y
Crois de réintégrer, en cas de victoire en mars 2014, l’ensemble de l’équipe injustement écartée, Est Ensemble et la municipalité
tentent de nous empêcher de retirer la gestion du cinéma à la communauté d’agglomération pour la redonner à la ville de Montreuil. Le
cinéma a été transféré début 2012 sans la moindre concertation avec les Montreuillois, ni avec le Conseil du Cinéma et encore moins
avec le personnel concerné. Tout est fait pour verrouiller une situation délétère.
En effet, il faut bien comprendre que derrière ces jeux de transferts et de changement
de tutelle, il y a une équipe qui souffre. Voilà maintenant plus d’un an que chaque semaine apporte à ces personnes son lot d’attaques
iniques, de pressions, de persécutions.
Le patron du Méliès c’est, depuis 2012, Gérard Cosme, président d’Est Ensemble. La
hiérarchie (la Directrice Générale des services et ses subordonnés) sont placés sous ses ordres pour ce qui concerne le cinéma. Pour
ménager les verts, avec qui ils sont alliés, les élus socialistes d’Est Ensemble ont été complices du démantèlement de
l’équipe.
Pire, Razzy Hammadi, qui prétendait soutenir l’équipe il y a quelques
semaines encore, annonce aujourd’hui que la communauté d’agglomération va dans le bon sens, et qu’il faut même aller plus loin. Ainsi
vient-il de voter l’article 12 de la loi instituant Paris Métropole. Cet article prévoit la dissolution d’Est Ensemble d’ici fin 2015
et le transfert de toutes ses compétences à la Métropole du Grand Paris (6,7 millions d’habitants), accélérant l’éloignement à l’infini
de nos équipements et des centres de décisions.
La métropole (et elle seule) pourrait décider plus tard (en 2017 ou 2018) de rendre le
Méliès à Montreuil. Ainsi le personnel, déjà fatigué des luttes actuelles, changerait trois fois de statut en trois
ans !
Ma Ville J’y Crois exige que ces projets de transfert soient stoppés jusqu’aux élections
municipales et que le personnel et tous les intéressés soient réellement consultés sur cette question.
Ma Ville j’y Crois réaffirme sa détermination à réintégrer l’équipe évincée par la
municipalité verte et avec la complicité des socialistes d’Est Ensemble.
Monsieur Gérard COSME,
Président de la Communauté d'agglomération
"EST ENSEMBLE"
Hôtel Communautaire
100 rue Gaston Roussel
93130 ROMAINVILLE
Montreuil, le 19 décembre 2013
Monsieur Le Président,
Le mercredi 18 décembre vous avez rencontré les salariés du cinéma Georges Méliès, dans le cadre de leur transfert à la communauté
d’agglomération Est-Ensemble.
Vous avez pu constater durant cette rencontre leur souffrance, leurs inquiétudes, le climat d’insécurité sociale, dans lequel ils
assurent leur mission de service à la population en matière de culture, en donnant le meilleur d’eux-mêmes.
Vous avez sans doute pris connaissance de la déclaration des organisations syndicales ou encore des diverses déclarations politiques
qui montrent que ce transfert loin de résoudre les problèmes aujourd'hui, les aggraveraient encore plus.
Chacun des protagonistes, salariés, habitants, syndicats, associatifs, politiques, restent inébranlablement attachés à pérenniser et à
développer le projet du cinéma, sa programmation, et bien sûr l'intégrité de l'équipe du Méliès.
Les citoyen-nes sont bientôt appellés aux urnes : le suffrage universel direct rendra bientôt son verdict et celui-ci s'imposera à
tous. Il me semble qu'il serait de bonne politique de reporter toute décision après la tenue du scrutin. Rien de presse : les
travaux de la structure même du Méliès puissent se poursuivent, nous ne connaissons toujours pas l’échéance et de livraison de
l’équipement, ni même la date d’ouverture.
C’est pourquoi, nous vous demandons de surseoir au transfert du personnel, et vous demandons de nous recevoir afin que nous puissions
discuter de vive voix, dans l’intérêt du cinéma, de ses salariés, des usagers, des habitants de Montreuil, tous attachés à ce que le
Méliès puisse fonctionner dans les conditions qui ont prévalu par le passé.
Dans l’attente de votre réponse et vous remerciant de toute l’attention que vous porterez à cette demande,
Veuillez agréer, Monsieur Le Président, l’assurance de notre considération distinguée.
Patrice BESSAC, Conseiller régional d’Ile de France, tête de liste Front de Gauche « Montreuil Avenir » ; Djénéba KEITA, conseillère
régionale ; Bélaïde BEDREDINE et Jean-Charles NEGRE Conseillers Généraux ; Dominique ATTIA, Stéphane BELTRAN, Murielle BENSAID et
Jean-Jacques SEREY, Conseillers municipaux PCF / FASE ; Juliette PRADOS, Conseillère municipale Parti de Gauche ; Alexie LORCA,
conseillère municipale socialiste
Copie :
- Catherine Peyge, Vice Présidente au Personnel de la CAEE
- Syndicat CGT des Territoriaux de Montreuil
L’heure n’est pas au transfert de l’équipe du Méliès à Est-Ensemble
La situation actuelle du Méliès relève d’un triste scénario : non seulement l’équipe a été mise à mal et est en souffrance, mais
c’est aussi le projet culturel du cinéma municipal dont la qualité a fait la renommée qui est aujourd’hui entamé et qu’il faudra
reconstruire.
Du temps sera nécessaire pour y parvenir et il faudra déployer une ambition culturelle réaffirmée pour redonner confiance aux
différents protagonistes et réussir le pari du plus grand complexe public multisalles arts et essai de France proposant à tous ses
publics une offre de qualité couvrant l’histoire du cinéma.
Fait essentiel, cette offre participe, avec tous ses labels, à la défense du cinéma d’auteur indispensable à l’émergence et la vie
de nombreux réalisateurs. Ainsi le Méliès affiche et défend avec fierté une certaine exception culturelle française qui honore
notre pays et permet une expression artistique enviée à l’étranger.
Au Conseil municipal, mon groupe a toujours montré son attachement aux enjeux profonds de ce dossier, qui dépassent de loin la
simple, longue et belle histoire montreuilloise avec le cinéma.
Dominique Voynet n’a cessé de dire publiquement que le personnel du Méliès ne serait transféré qu’après le déménagement dans les
nouveaux locaux du cinéma. Or, nous apprenons qu’Est-Ensemble semble décidé à changer la date du transfert du personnel sur
l’intercommunalité. Cela serait une mauvaise décision. En effet, si le transfert du Méliès à Est Ensemble peut être une bonne
chose – nous l’avons soutenu dans un esprit communautaire parce que la mutualisation des moyens est toujours un avantage, il faut
toujours viser l’essentiel :porter un projet riche pour le cinéma et ses publics. Or, aujourd’hui le ressort est cassé.
En effet, nous n’avons à cette heure qu’une certitude : la maire qui a fortement contribué à crisper la situation sur le dossier
du Méliès ne sera plus aux responsabilités en avril 2014. Tous les candidats aux prochaines municipales se sont opposés à la gestion
actuelle du Méliès. La nouvelle majorité de Montreuil aura à mettre en œuvre un projet sur un équipement culturel important et
symbolique de son territoire. Elle doit pouvoir le faire.
C’est pourquoi nous continuerons à mettre toute notre énergie pour convaincre de reporter la date du transfert.
Avec les membres de mon groupe, j’ai indéfectiblement contesté les attaques infondées de la maire et défendu l’équipe dont nous
souhaitons, quelles que soient les configurations d’attachement du Méliès aux collectivités territoriales, qu’elle puisse faire
valoir ses grandes qualités dans le cadre d’un projet qui méritera un nouveau départ.
L’enjeu est majeur pour les spectateurs comme pour la grande famille du cinéma puisqu’il s’agira de faire vivre une salle d’une
exceptionnelle qualité élargissant les possibilités de rencontres avec des publics eux-mêmes plus divers. A nos yeux rien ne doit
venir freiner cette ambition.
Mouna
Viprey
Mesdames, Messieurs,
L'avenir du Méliès nous concerne tous. Au delà même des frontières de notre
ville, son rayonnement et sa renommée ne rendent que plus visible encore la
crise qu'il traverse.
Nous nous sommes exprimés sur sa situation à plusieurs reprises et ce, dès les
premiers jours.
Lorsqu'il s'est agit de dénoncer et de s'engager contre les mesures prises
vis-à-vis d'un personnel accusé des plus graves dysfonctionnements, nous avons
publiquement pris position. Lorsqu’il s’est révélé que la calomnie était, de
façon répétée, le principal mode de démonstration et d'affirmation de leur
nécessaire mise à l'écart, nous nous sommes clairement déclarés en faveur de
leur réintégration. Que ce soit en direction d'Est Ensemble ou bien encore des
différentes autorités de tutelle ou de régulation, en passant par les
medias, par lesquels nous nous sommes exprimés à ce sujet, nous avons
invariablement défendu le Méliès, ses usagers et son personnel.
Alors que la convention dérogatoire entre la ville de Montreuil et Est
Ensemble arrive à son terme, lors de la rencontre organisée par Renc'Art, il y
a quelques semaines, puis lors du meeting de lancement de campagne de Razzy
Hammadi pour les municipales, le 19 décembre, ce dernier a rappelé très
clairement notre position : "s’il devait y avoir un transfert avant les
municipales, celui-ci ne pourrait intervenir qu'avec l'accord des agents
concernés. Cette condition n'étant, à ce jour, semble-t-il pas atteinte, il est
donc préférable de repousser ce transfert et d'attendre les élections
municipales."
Cette position est connue, publique et relayée.
D'autre part, parce que nous restons comme vous attachés à notre cinéma,
et plus que jamais convaincus du rôle majeur que devra jouer le futur Méliès,
son personnel et ses usagers dans le cadre d'une politique culturelle
ambitieuse pour notre territoire, il est important de rappeler les éléments
suivants, afin d'éviter toute démagogie et toute instrumentalisation électorale
d'un combat, celui de la défense du Méliès, qui aura sû rassembler au-delà des
sensibilités et des chapelles :
Le personnel est resté sous gestion municipale
dans le cadre d'une mise à disposition dérogatoire et
conventionnelle
Le 13 décembre 2011, c'est à l'unanimité (tout
groupe politique confondu) et dans le cadre de la délibération de
définition de l'intérêt communautaire qu'a été prise la décision de
transfert des 7 cinémas publics du territoire d'Est Ensemble.
Le projet de construction du nouveau Méliès a
été déclaré d'intérêt communautaire.
Confiants dans l'attachement que le Président d’Est Ensemble Gérard Cosme porte
au dialogue social, et convaincus de la nécessité d'un projet de territoire
pour nos cinémas qui se veulent à la fois populaires et d'excellences, nous
saurons être à la hauteur de l'attente des usagers et des personnels.
Nous venons d'apprendre que la municipalité prépare un transfert précipité du personnel du Méliès début 2014.
Jusqu'à présent, il nous avait été annoncé par Madame la Maire, que ce personnel serait transféré à la communauté d'agglomération Est -
Ensemble à l'inauguration du 6 salles.
Nous souhaitons donc que rien ne soit entrepris avant l'échéance municipale de mars 2014.
Lettre à Gérard COSME Président de la Communauté d'Agglomération
Nos soirées, précaires, temporaires, transitoires, vont bientôt atteindre un an...Et si ce conflit se termine dans la joie (jour de
victoire que nous espérons tous), peut-être en viendrons-nous , à regretter cette utopie festive,
et inventive.
Une association, Renc'Art au Méliès
et un collectif, le C-Ism, réunis, qui s'affairent, apprennent à se connaître, se rapprochent, puis s'éloignent, se
complètent, en traversant des moments intenses. Et si cette organisation peut provoquer des
difficultés, des tensions, elle apporte aussi de véritables moments de bonheur, à vous voir tous,
spectateurs, fidèles soutiens, dans ce partage.
Décidément, en ce 14 Décembre,
frigorifiés une fois de plus, forains d'un jour,nous avons tous montrés combien nous étions attachés à ce combat
que nous ne lâcherons pas.
Robert
Guédiguian était bien là, et avec lui, Bernard Sasia, Clémentine Yelnik et Stéphane Goudet
Il y a un an, jour pour jour, Renc'Art au Méliès
lançait une pétition sur le net, pour défendre le Méliès de Montreuil, cinéma municipal,qui était attaqué de plein fouet par l'actuelle majorité municipale.
Nous continuerons à
nous battre pour faire exister le projet culturel du futur six salles affirmions-nous dans cette pétition
Au 12 décembre 2013, oui le combat continue pour le projet culturel du futur Méliès, et la
réintégration des membresde
l'équipe qui se sont vus évincés du cinéma entre temps.
LES MOMENTS FORTS DE LA LUTTE
Décembre 2012
Le 3
Marie programmatrice jeune public et Maud comptable
sont suspendues de leurs fonctions
Le 5
Stéphane directeur est suspendu de ses
fonctions
Le 6
Renc'Art au Méliès fête ses 10 ans au Studio
Berthelot. C'est à cette occasion, que les adhérents apprennent avec stupeur que Dominique Voynet porte plainte pour détournement de
fonds publics au Méliès
Laurent Cantet réalisateur du film « Fox fire,
confessions d'un gang de filles » en soutien à l'équipe attaquée, refuse de débattre au cinéma (débat hors les murs)
Après étude des dossiers et du fameux rapport
d'enquête, la communauté d'agglomération Est Ensemble, futur gestionnaire du cinéma, confirme qu'elle ne se joindra pas à la plainte de
la ville de Montreuil contre l'équipe du Méliès !
Le
23
Stéphane Directeur du Méliès est
licencié sans préavis ni indemnité
Deux mutations Marie et Maud, un
CDD non renouvelé Bénédite, un autre CDD Cédric généreusement repoussé de six mois afin que l'intéressé « démontre sa
capacité à servir »...
De 18h à 20h : Échanges et prises de parole des
quatre services municipaux en grève (Le Méliès, Accueil Prestations à l’Enfant, État Civil, Affaires Générales).
20h : Projection de "Ça ne peut pas continuer
comme ça !" de Dominique Cabrera, suivie d’un débat avec la réalisatrice.
Création d'un groupe de
spectateurs indépendants pour la défense du Méliès (futur C-ISM)
Quand l’une des salles art et essai
indépendantes les plus emblématiques de Paris (qui fut la propriété de Jacques Tati) soutient l’apport cinéphilique d’une des salles
les plus dynamiques de banlieue, fragilisée par sa municipalité.
à la Parole Errante à Montreuil *projection de "LE GRAND RETOURNEMENT" de GérardMordillat avec
Jacques Weber, Francois Morel, Edouard Baer suivi d'un dialogue entre Mordillat et Stéphane Goudet
LES JOURS HEUREUX de Gilles Perret suivi d'une rencontre animée par
Stéphane Goudet avec Gilles Perret, Léon Landini, résistant FTP-MOI, Serge Le Glaunec (CGT) et de nombreux salariés en
lutte
Président de la Communauté d’Agglomération Est Ensemble
Monsieur le Président
Comme vous le savez le cinéma Le Méliès, qui est sous votre
responsabilité depuis le 1er janvier 2012, va mal : chute de la
fréquentation, perte énorme de recettes, frustration des spectateurs,
souffrance du personnel, dégradation de la salle… Et les travaux du
nouveau Méliès viennent seulement de commencer, avec une nouvelle année
de retard.
L'éclatement de l'équipe, le licenciement de Stéphane Goudet, le
non renouvellement de contrat d'une programmatrice, la mutation
autoritaire de la programmatrice jeune public et de la comptable ne
sont pas pour rien dans ce désastre.
Les graves accusations portées par l’équipe municipale sortante se
sont révélées sans fondement. Est Ensemble, censé être victime d’un
« détournement de fonds » imaginaire, a refusé de s’associer
à la plainte déposée par la municipalité. C’est tout à votre honneur
mais il serait temps aujourd’hui de tirer les conséquences de
l’effondrement des accusations.
A trois mois des élections municipales, toutes les têtes de liste
connues à ce jour se sont déclaré favorables à la réintégration de
l’équipe qui avait construit le rayonnement exceptionnel du Méliès. La
plupart se sont prononcées en faveur du retour à la Ville de cet
équipement emblématique de Montreuil. Vous avez pourtant annoncé au
personnel du cinéma, que vous avez rencontré le 19 décembre [est-ce le
19 ? ou le 18?] , qu’il serait transféré à l’agglomération d’ici
quelques jours.
Le même jour le Parlement adoptait définitivement la loi instituant
la Métropole du Grand Paris. Cette loi, qui prévoit la suppression des
intercommunalités, entraîne la disparition d’Est Ensemble dans deux ans
et le transfert du Méliès à la Métropole, sauf si Est Ensemble accepte
de rendre cet équipement à la ville de Montreuil dès 2014.
Pourquoi ce transfert précipité, alors que la municipalité avait
affirmé qu’il n’aurait lieu qu’après l'inauguration du six
salles ? Pourquoi cette intransigeance affichée devant le
personnel et cette volonté de mettre la prochaine municipalité devant
le fait accompli ?
Cela nous paraît inexplicable ! Et inacceptable !
C’est
pourquoi nous exigeons que le transfert du personnel soit différé et
que soit laissée ouverte la possibilité que le cinéma soit rendu à la
ville de Montreuil. Nous
demandonsque
le Conseil Communautaire en débatte d’urgence.
Est-il
besoin d’ajouter que vous vous honoreriez si vous mettiez fin dès
maintenant aux sanctions injustes infligées à plusieurs membres du
personnel, avec les conséquences que chacun peut constater
aujourd’hui ? Nous vous le demandons
expressément.
Nous
vous prions d'accepter, Monsieur le Président, l'expression de notre
considération distinguée.
Le Méliès a été transféré à l’agglomération au
1er janvier 2012. Le personnel du Méliès continue ses
tâches au cinéma tout en restant salarié par Montreuil, qui le met à
disposition d’Est Ensemble. Les feuilles de paie sont établies par
Montreuil. Est Ensemble rembourse la Ville. Toutes les recettes vont à
Est Ensemble, toutes les dépenses sont supportées par Est
Ensemble.
Ainsi Est Ensemble a subi un énorme préjudice
financier (plus de 100 00 euros) du fait de la crise du Méliès
déclenchée par la municipalité de Montreuil qui a purement et
simplement inventé des « détournements de fonds ». Ces
accusations sont aujourd’hui complètement dégonflées, mais le personnel
licencié, dont le contrat n'a pas été renouvelé ou muté n’a pas été
réintégré et le cinéma fonctionne très mal.
La mise à disposition du personnel depuis 2012
est censée être provisoire. Il faut en effet respecter une procédure
assez longue et complexe pour que chaque salarié change d’employeur en
tenant compte des particularités propres à chaque collectivité (primes
diverses, COS etc.). Mais, à terme, le transfert d’un équipement public
entraîne nécessairement celui de son personnel.
Il faut toutefois tenir compte de deux éléments
nouveaux pour différer le transfert même s'il est aujourd’hui possible
techniquement.
1. La disparition d’Est
Ensemble
Le Parlement vient d’adopter définitivement la
loi créant la Métropole du Grand Paris. Cette métropole va
récupérer toutesles
compétences des communautés d’agglomération, qui seront purement et
simplement supprimées fin 2015, dans deux ans. Tous les équipements que
Montreuil a transférés à Est Ensemble (le Méliès mais aussi les
bibliothèques, le conservatoire, les parcs, les équipements sportifs)
partiront à la métropole (124 communes, 6,7 millions d’habitants, des
dizaines de milliers de fonctionnaires…).
Ainsi le personnel du Méliès ne resterait que
deux ans à Est Ensemble et subirait un nouveau transfert en
2015…
2. Les élections
municipales
Le démantèlement de la remarquable équipe du
Méliès a été particulièrement mal vécu par les Montreuillois attachés
au cinéma, indépendamment de leur opinions politiques. Aussi l’avenir
du cinéma constitue un des enjeux des prochaines
élections :
- Faut-il réintégrer l’équipe pour que le Méliès
retrouve son rayonnement ?
- Doit-on laisser partir le Méliès à la Métropole
ou en faire un des piliers de l’action culturelle de la
ville ?
Plusieurs candidat(e)s ont publiquement déclaré
leur volonté de réintégrer l’équipe et de récupérer le Méliès. Il
semble qu’Est Ensemble ait la volonté de mettre les nouveaux élus
devant le fait accompli : le transfert du personnel rendrait très
difficile le retour de l’équipement à Montreuil et la réintégration de
l’équipe.
Pourquoi s’adresser à Gérard
Cosme ?
En tant que Président d'Est Ensemble c’est lui
qui détient le pouvoir au Méliès. C’est lui qui est venu annoncer en
personne au personnel qu’il allait être transféré sans délai. C’est lui
qui a couvert le démantèlement de l’équipe. Depuis le 1er janvier 2012
c’est lui le patron du Méliès. C’est Est Ensemble qui a modifié les
tarifs. C’est sous ses ordres que la hiérarchie de Montreuil (DGS, DGA
etc.) a licencié Stéphane Goudet. Il est clair que c’est à la demande
de Dominique Voynet. Mais il avait le pouvoir de
refuser.
Aujourd’hui il peut reporter le transfert du
personnel. Et il pourrait réintégrer l’équipe. C’est pourquoi c’est à
lui qu’il faut s’adresser.
Pourquoi s’adresser à Razzy Hammadi
député
Il est malheureusement clair que Gérard Cosme se
soucie plus de ses bonnes relations avec la maire de Montreuil que de
l’avenir du Méliès. Il a jusqu’à présent méprisé les demandes qui lui
ont été adressées, en dépit du large soutien qu’elles ont reçues et il
a refusé de prendre ses responsabilités.
Le député a manifesté clairement, à de nombreuses
reprises, son soutien à l’équipe. Il s’est exprimé en faveur du retour
du Méliès à la ville de Montreuil.
Socialiste comme Gérard Cosme, qui mieux que lui
peut convaincre ses amis socialistes, qui dirigent Est Ensemble,
d’adopter une attitude plus constructive en faveur du Méliès ? En
tant que député de Montreuil et de Bagnolet, en tant
que« poulain » de
Claude Bartolone, il a un poids certain. Il pourra relayer nos
demandes, et montrer ainsi que son soutien est
réel.
Nouveau coup de force d’Est Ensemble
contre le personnel du Méliès
Depuis une dizaine de jours la rumeur court que
l’équipe du cinéma Méliès sera transférée à la communauté
d’agglomération Est Ensembledès
le 1er janvier
2014. Pourtant, suite à une question de Jean-Pierre Brard
au Conseil Municipal, Madame la Maire avait déclaré que ce
transfert ne serait effectif que lorsque le nouveau cinéma sera
ouvert, c’est-à-dire longtemps après les élections
municipales.
Pourquoi
cette précipitation soudaine ? Depuis l’annonce officielle de
Ma Ville j’y Crois de réintégrer, en cas de victoire en mars 2014,
l’ensemble de l’équipe injustement écartée, Est Ensemble et la
municipalité tentent de nous empêcher de retirer la gestion du
cinéma à la communauté d’agglomération pour la redonner à la ville
de Montreuil. Le cinéma a été transféré début 2012 sans la moindre
concertation avec les Montreuillois, ni avec le Conseil du Cinéma
et encore moins avec le personnel concerné. Tout est fait pour
verrouiller une situation délétère.
En
effet, il faut bien comprendre que derrière ces jeux de transferts
et de changement de tutelle, il y a une équipe qui souffre. Voilà
maintenant plus d’un an que chaque semaine apporte à ces personnes
son lot d’attaques iniques, de pressions, de
persécutions.
Le
patron du Méliès c’est, depuis 2012, Gérard Cosme, président d’Est
Ensemble. La hiérarchie (la Directrice Générale des services et ses
subordonnés) sont placés sous ses ordres pour ce qui concerne le
cinéma. Pour ménager les verts, avec qui ils sont alliés, les élus
socialistes d’Est Ensemble ont été complices du démantèlement de
l’équipe.
Pire,
Razzy Hammadi, qui prétendait soutenir l’équipe il y a
quelques semaines encore, annonce aujourd’hui que la communauté
d’agglomération va dans le bon sens, et qu’il faut même aller plus
loin. Ainsi vient-il de voter l’article 12 de la loi instituant
Paris Métropole. Cet article prévoit la dissolution d’Est Ensemble
d’ici fin 2015 et le transfert de toutes ses compétences à la
Métropole du Grand Paris (6,7 millions d’habitants), accélérant
l’éloignement à l’infini de nos équipements et des centres de
décisions.
La
métropole (et elle seule) pourrait décider plus tard (en 2017 ou
2018) de rendre le Méliès à Montreuil. Ainsi le personnel, déjà
fatigué des luttes actuelles, changerait trois fois de statut en
trois ans !
Ma Ville
J’y Crois exige que ces projets de transfert soient stoppés
jusqu’aux élections municipales et que le personnel et tous les
intéressés soient réellement consultés sur cette
question.
Ma Ville
j’y Crois réaffirme sa détermination à réintégrer l’équipe évincée
par la municipalité verte et avec la complicité des socialistes
d’Est Ensemble.
Monsieur Gérard COSME,
Président de la Communauté d'agglomération
"EST ENSEMBLE"
Hôtel Communautaire
100 rue Gaston Roussel
93130 ROMAINVILLE
Montreuil, le 19 décembre 2013
Monsieur Le Président,
Le mercredi 18 décembre vous avez rencontré les salariés du cinéma Georges
Méliès, dans le cadre de leur transfert à la communauté d’agglomération
Est-Ensemble.
Vous avez pu constater durant cette rencontre leur souffrance, leurs
inquiétudes, le climat d’insécurité sociale, dans lequel ils assurent
leur mission de service à la population en matière de culture, en donnant
le meilleur d’eux-mêmes.
Vous avez sans doute pris connaissance de la déclaration des organisations
syndicales ou encore des diverses déclarations politiques qui montrent que
ce transfert loin de résoudre les problèmes aujourd'hui, les aggraveraient
encore plus.
Chacun des protagonistes, salariés, habitants, syndicats, associatifs,
politiques, restent inébranlablement attachés à pérenniser et à développer
le projet du cinéma, sa programmation, et bien sûr l'intégrité de l'équipe
du Méliès.
Les citoyen-nes sont bientôt appellés aux urnes : le suffrage universel
direct rendra bientôt son verdict et celui-ci s'imposera à tous. Il me
semble qu'il serait de bonne politique de reporter toute décision après la
tenue du scrutin. Rien de presse : les travaux de la structure même du
Méliès puissent se poursuivent, nous ne connaissons toujours pas l’échéance
et de livraison de l’équipement, ni même la date d’ouverture.
C’est pourquoi, nous vous demandons de surseoir au transfert du personnel,
et vous demandons de nous recevoir afin que nous puissions discuter de vive
voix, dans l’intérêt du cinéma, de ses salariés, des usagers, des habitants
de Montreuil, tous attachés à ce que le Méliès puisse fonctionner dans les
conditions qui ont prévalu par le passé.
Dans l’attente de votre réponse et vous remerciant de toute l’attention que
vous porterez à cette demande,
Veuillez agréer, Monsieur Le Président, l’assurance de notre considération
distinguée.
Patrice BESSAC, Conseiller régional d’Ile de France, tête de liste Front de
Gauche « Montreuil Avenir » ; Djénéba KEITA, conseillère régionale ;
Bélaïde BEDREDINE et Jean-Charles NEGRE Conseillers Généraux ;
Dominique ATTIA, Stéphane BELTRAN, Murielle BENSAID et Jean-Jacques SEREY,
Conseillers municipaux PCF / FASE ; Juliette PRADOS, Conseillère municipale
Parti de Gauche ; Alexie LORCA, conseillère municipale socialiste
Copie :
- Catherine Peyge, Vice Présidente au Personnel de la CAEE
- Syndicat CGT des Territoriaux de Montreuil
L’heure n’est pas au transfert de l’équipe du Méliès à Est-Ensemble
La situation actuelle du Méliès relève d’un triste scénario : non
seulement l’équipe a été mise à mal et est en souffrance, mais
c’est aussi le projet culturel du cinéma municipal dont la qualité a
fait la renommée qui est aujourd’hui entamé et qu’il faudra
reconstruire.
Du temps sera nécessaire pour y parvenir et il faudra déployer une
ambition culturelle réaffirmée pour redonner confiance aux
différents protagonistes et réussir le pari du plus grand complexe
public multisalles arts et essai de France proposant à tous ses
publics une offre de qualité couvrant l’histoire du cinéma.
Fait essentiel, cette offre participe, avec tous ses labels, à la
défense du cinéma d’auteur indispensable à l’émergence et la vie
de nombreux réalisateurs. Ainsi le Méliès affiche et défend avec fierté
une certaine exception culturelle française qui honore notre pays
et permet une expression artistique enviée à l’étranger.
Au Conseil municipal, mon groupe a toujours montré son attachement aux
enjeux profonds de ce dossier, qui dépassent de loin la simple,
longue et belle histoire montreuilloise avec le cinéma.
Dominique Voynet n’a cessé de dire publiquement que le personnel du
Méliès ne serait transféré qu’après le déménagement dans les
nouveaux locaux du cinéma. Or, nous apprenons qu’Est-Ensemble semble
décidé à changer la date du transfert du personnel sur
l’intercommunalité. Cela serait une mauvaise décision. En effet,
si le transfert du Méliès à Est Ensemble peut être une bonne chose
– nous l’avons soutenu dans un esprit communautaire parce que la
mutualisation des moyens est toujours un avantage, il faut toujours
viser l’essentiel :porter un projet riche pour le cinéma et ses
publics. Or, aujourd’hui le ressort est cassé.
En effet, nous n’avons à cette heure qu’une certitude : la maire qui a
fortement contribué à crisper la situation sur le dossier du
Méliès ne sera plus aux responsabilités en avril 2014. Tous les
candidats aux prochaines municipales se sont opposés à la gestion
actuelle du Méliès. La nouvelle majorité de Montreuil aura à mettre
en œuvre un projet sur un équipement culturel important et
symbolique de son territoire. Elle doit pouvoir le faire.
C’est pourquoi nous continuerons à mettre toute notre énergie pour
convaincre de reporter la date du transfert.
Avec les membres de mon groupe, j’ai indéfectiblement contesté les
attaques infondées de la maire et défendu l’équipe dont nous
souhaitons, quelles que soient les configurations d’attachement du
Méliès aux collectivités territoriales, qu’elle puisse faire
valoir ses grandes qualités dans le cadre d’un projet qui méritera un
nouveau départ.
L’enjeu est majeur pour les spectateurs comme pour la grande famille du
cinéma puisqu’il s’agira de faire vivre une salle d’une
exceptionnelle qualité élargissant les possibilités de rencontres avec
des publics eux-mêmes plus divers. A nos yeux rien ne doit venir
freiner cette ambition.
Mouna Viprey
Mesdames,
Messieurs,
L'avenir du
Méliès nous
concerne tous.
Au delà même
des frontières
de notre ville,
son rayonnement
et sa renommée
ne rendent que
plus visible
encore la crise
qu'il traverse.
Nous nous
sommes exprimés
sur sa
situation à
plusieurs
reprises et ce,
dès les
premiers jours.
Lorsqu'il s'est
agit de
dénoncer et de
s'engager
contre les
mesures prises
vis-à-vis d'un
personnel
accusé des plus
graves
dysfonctionnements,
nous avons
publiquement
pris position.
Lorsqu’il s’est
révélé que la
calomnie était,
de façon
répétée, le
principal mode
de
démonstration
et
d'affirmation
de leur
nécessaire mise
à l'écart, nous
nous sommes
clairement
déclarés en
faveur de leur
réintégration.
Que ce soit en
direction d'Est
Ensemble ou
bien encore des
différentes
autorités de
tutelle ou de
régulation, en
passant par les
medias, par
lesquels nous
nous sommes
exprimés à ce
sujet, nous
avons
invariablement
défendu le
Méliès, ses
usagers et son
personnel.
Alors que
la convention
dérogatoire
entre la ville
de Montreuil et
Est Ensemble
arrive à son
terme, lors de
la rencontre
organisée par
Renc'Art, il y
a quelques
semaines, puis
lors du meeting
de lancement de
campagne de
Razzy Hammadi
pour les
municipales, le
19 décembre, ce
dernier a
rappelé très
clairement
notre
position :
"s’il devait y
avoir un
transfert avant
les
municipales,
celui-ci ne
pourrait
intervenir
qu'avec
l'accord des
agents
concernés.
Cette condition
n'étant, à ce
jour,
semble-t-il pas
atteinte, il
est donc
préférable de
repousser ce
transfert et
d'attendre les
élections
municipales."
Cette
position est
connue,
publique et
relayée.
D'autre
part, parce que
nous restons
comme vous
attachés à
notre cinéma,
et plus que
jamais
convaincus du
rôle majeur que
devra jouer le
futur Méliès,
son personnel
et ses usagers
dans le cadre
d'une politique
culturelle
ambitieuse pour
notre
territoire, il
est important
de rappeler les
éléments
suivants, afin
d'éviter toute
démagogie et
toute
instrumentalisation
électorale d'un
combat, celui
de la défense
du Méliès, qui
aura sû
rassembler
au-delà des
sensibilités et
des
chapelles :
Le
personnel
est
resté
sous
gestion
municipale
dans le
cadre
d'une
mise à
disposition
dérogatoire
et
conventionnelle
Le 13
décembre
2011,
c'est à
l'unanimité
(tout
groupe
politique
confondu)
et dans
le
cadre
de la
délibération
de
définition
de
l'intérêt
communautaire
qu'a
été
prise la
décision
de
transfert
des 7
cinémas
publics
du
territoire
d'Est
Ensemble.
Le
projet
de
construction
du
nouveau
Méliès
a été
déclaré
d'intérêt
communautaire.
Confiants dans
l'attachement
que le
Président d’Est
Ensemble Gérard
Cosme porte au
dialogue
social, et
convaincus de
la nécessité
d'un projet de
territoire pour
nos cinémas qui
se veulent à la
fois populaires
et
d'excellences,
nous saurons
être à la
hauteur de
l'attente des
usagers et des
personnels.
Nous venons d'apprendre que la municipalité prépare un transfert précipité
du personnel du Méliès début 2014.
Jusqu'à présent, il nous avait été annoncé par Madame la Maire, que ce
personnel serait transféré à la communauté d'agglomération Est - Ensemble à
l'inauguration du 6 salles.
Nous souhaitons donc que rien ne soit entrepris avant l'échéance municipale
de mars 2014.
Lettre à Gérard COSME Président de la Communauté d'Agglomération
Nos
soirées, précaires, temporaires, transitoires, vont
bientôt atteindre un an...Et si ce conflit
se termine dans la joie (jour de victoire que nous
espérons tous), peut-être en viendrons-nous , à
regretter cette utopie festive,
et inventive.
Une association, Renc'Art au Méliès et un
collectif, le C-Ism, réunis, qui s'affairent,
apprennent à se connaître, se rapprochent, puis
s'éloignent, se complètent, en traversant des
moments intenses. Et si cette organisation
peut provoquer des difficultés, des tensions,
elle apporte aussi de véritables moments de
bonheur, à vous voir tous, spectateurs,
fidèles soutiens, dans ce partage.
Décidément, en ce 14 Décembre, frigorifiés une fois
de plus, forains d'un jour,nous avons tous montrés
combien nous étions attachés à ce combat que nous
ne lâcherons pas.
Robert Guédiguian était bien là, et avec lui,
Bernard Sasia, Clémentine Yelnik et Stéphane
Goudet
Il y a un an, jour pour jour, Renc'Art au Méliès
lançait une pétition sur le net, pour défendre le Méliès de Montreuil,
cinéma municipal,qui était attaqué de plein
fouet par l'actuelle majorité municipale.
Nous continuerons à nous battre pour faire exister
le projet culturel du futur six salles affirmions-nous dans cette
pétition
Au 12 décembre 2013, oui le
combat continue pour le projet culturel du futur Méliès, et la
réintégration des membresde
l'équipe qui se sont vus évincés du cinéma entre temps.
LES MOMENTS FORTS DE LA LUTTE
Décembre
2012
Le
3
Marie programmatrice jeune
public et Maud comptable sont suspendues de leurs
fonctions
Le
5
Stéphane directeur est
suspendu de ses fonctions
Le
6
Renc'Art au Méliès
fête ses 10 ans au Studio Berthelot. C'est à cette occasion, que les
adhérents apprennent avec stupeur que Dominique Voynet porte plainte
pour détournement de fonds publics au Méliès
Laurent Cantet réalisateur
du film « Fox fire, confessions d'un gang de filles » en
soutien à l'équipe attaquée, refuse de débattre au cinéma (débat hors
les murs)
Après étude des dossiers et
du fameux rapport d'enquête, la communauté d'agglomération Est
Ensemble, futur gestionnaire du cinéma, confirme qu'elle ne se joindra
pas à la plainte de la ville de Montreuil contre l'équipe du Méliès
!
Le 23
Stéphane Directeur du Méliès est licencié sans préavis ni
indemnité
Deux mutations Marie et Maud, un CDD non renouvelé Bénédite, un autre
CDD Cédric généreusement repoussé de six mois afin que
l'intéressé « démontre sa capacité à
servir »...
De 18h à 20h : Échanges et
prises de parole des quatre services municipaux en grève (Le Méliès,
Accueil Prestations à l’Enfant, État Civil, Affaires
Générales).
20h : Projection de "Ça ne
peut pas continuer comme ça !" de Dominique Cabrera, suivie d’un débat
avec la réalisatrice.
Création d'un groupe de spectateurs indépendants
pour la défense du Méliès (futur C-ISM)
Quand l’une des
salles art et essai indépendantes les plus emblématiques de Paris (qui
fut la propriété de Jacques Tati) soutient l’apport cinéphilique d’une
des salles les plus dynamiques de banlieue, fragilisée par sa
municipalité.
à la
Parole Errante à Montreuil *projection
de "LE GRAND RETOURNEMENT" de GérardMordillat avec
Jacques Weber, Francois Morel, Edouard Baer suivi d'un dialogue entre
Mordillat et Stéphane Goudet
LES JOURS
HEUREUX de Gilles Perret suivi d'une rencontre animée par
Stéphane Goudet avec Gilles Perret, Léon Landini, résistant FTP-MOI,
Serge Le Glaunec (CGT) et de nombreux salariés en lutte
En images, mais surtout en son, les
interventions de Stéphane Goudet et Dominique Cabrera, à propos du film Grandir, lors d'un débat
improvisé par Renc'Art au Méliès, le soir de la sortie du film, mercredi 23 octobre.
LE RAPPORT RENDU PAR LE CNC MONTRE QU'IL Y A EU QUELQUES IRREGULARITEES MAIS LES DENIGREMENTS SUR L"EQUIPE DU CINEMA LE MELIES PAR LE MAIRE DE MONREUIL ET
SES SBIRES ONT ETE EXAGERES;
Communiqué du C-Ism sur rapport du CNC - 7 juillet 2013 1 /4
Pour le CNC, aucune sanction requise.
Rendez-nous l’équipe du Méliès, Madame Voynet !
par le Collectif Indépendant des Spectateurs du Méliès (C-Ism)
Le 12 juin 2013, le CNC a rendu son rapport sur le Méliès à Dominique Voynet.
Les irrégularités comptables qu'il constate ne le conduisent à aucune demande
de reversement, ni à aucune sanction. C'est donc que ces irrégularités sont
bénignes. Elles s'expliquent, comme le disait l'équipe depuis le début des
hostilités, par le flou réglementaire qui existe autour des séances noncommerciales.
Le CNC, pour qui la responsabilité en cas de dysfonctionnement
relève de la titulaire de l'autorisation d'exercice, soit Dominique Voynet ellemême,
précise par ailleurs :
- Que les irrégularités prennent leurs sources avant, puis au moment
même de la municipalisation : " Des témoignages concordants évoquent une
pratique héritée de la structure associative qui gérait le cinéma avant sa reprise
par la municipalité en 2001 ". Directeur du service culturel à ce moment-là,
l’actuel élu à la culture, M. Cuffini, a accompagné la municipalisation, sans
qu’aucune procédure comptable ne soit mise en place par lui pour traiter ces
séances dites non commerciales. Interrogé, il affirme avoir tenu des comptes,
mais ceux-ci restent introuvables, perdus dans un déménagement, si l'on en
croit ce qui est écrit dans le compte rendu de l'enquête administrative interne...
- Que cette pratique litigieuse concernant 15 séances par an (sur 4000)
s'est poursuivie jusqu'en novembre 2012, à l’occasion au moins de deux
séances, sous la responsabilité de la directrice actuelle du Méliès, alors
directrice administrative et financière, en toute connaissance de cause. Cette
dernière avait de plus succédé à deux directeurs généraux adjoints, directeurs
par intérim du Méliès entre mars et octobre 2012.
- Que les dysfonctionnements constatés ont été exposés en toute
transparence par l'équipe et la ville. "Toutes les personnes interrogées, poursuit
le CNC, ont indiqué que les recettes non déclarées étaient conservées au sein
du cinéma avant d'être reversées dans la billetterie classique ", non sans relever
sa difficulté à vérifier à partir des bordereaux cette affirmation unanime.
Quand D. Voynet détourne le sens des rapports
externes
La Maire, Dominique Voynet, prétend que ce rapport conduit "au même constat"
que celui de son enquête administrative interne. Or le rapport de la Ville parlait,
lui, de «détournements pour des sommes considérables » (143 000 euros... que
nul ne confirme, et certainement pas le Trésor public, contrairement à ce que
disent les élus de la majorité), accusait Stéphane Goudet d'être à l'origine d'un
mécanisme créé des années avant son arrivée, affirmait que les séances
scolaires ne font l'objet d'aucune comptabilité, ce que le CNC ne corrobore
Communiqué du C-Ism sur rapport du CNC - 7 juillet 2013 2 /4
nullement, évoquait une fausse caisse noire et même des achats de drogue
(mais au conditionnel) et faisait mine d'ignorer le reversement systématique des
recettes des séances non commerciales dans la caisse du cinéma. Il est évident
que l'organisation frauduleuse décrite par ce rapport administratif à charge n'est
nullement confirmée par celui du CNC, ce qui révèle l'ampleur des accusations
sans preuve et des diffamations dont l'équipe a été victime.
Il est en effet évident qu'en cas de préjudice, même mineur, le CNC aurait
demandé une sanction, ne serait-ce que sous la forme d'un avertissement. Ce
qu'il n'a pas fait, tout comme la communauté d'agglomération Est Ensemble a
refusé, après avoir lu l'enquête administrative orientée, de porter plainte,
contrairement aux affirmations de la Maire.
Dominique Voynet, pourtant, avait tiré de son enquête administrative interne très
contestée de lourdes conséquences en sanctionnant des agents (mutations,
licenciement du directeur artistique, non renouvellement du contrat de la
programmatrice), sans même attendre ce rapport du CNC qui refuse, lui, toute
sanction. Parler de conclusions identiques est donc un mensonge flagrant.
Au printemps, ses accusations perdant toute crédibilité, la Maire a changé de
discours en répétant que la page était tournée, que le Méliès redémarrait comme
par le passé, tout en interdisant les rencontres avec les réalisateurs, après que
trois d'entre eux sont venus apporter leur soutien à l'équipe disloquée... Plutôt
que d'assumer cette politique du zéro débat, la maire préfère discréditer les
soutiens de l'équipe, qu'elle accuse à tort de saboter les rencontres et de
prendre les spectateurs « en otage ».
45% de perte de fréquentation !
L'été arrivant, la fréquentation du Méliès continue à être très en deçà du niveau
antérieur : baisse « apocalyptique », écrit Dominique Voynet, de 45 % des
entrées sur les six premiers mois de l’année 2013, incluant une grève de soutien
de 46 jours de la quasi totalité de l’équipe (grève dont la responsabilité est
imputable à Dominique Voynet seule, pour n’avoir ni voulu négocier avec les
salariés, ni voulu entendre leurs arguments). Depuis la fin de la grève, la chute
est encore de 30 %. Les recettes perdues s’élèvent désormais à plus de 200
000 euros ! Le tout nouveau discours de la maire consiste à dire que personne
n'est irremplaçable et que 10 ans à la tête d'une structure culturelle pour un
même directeur artistique sont bien suffisants. Justifications indécentes.
Car le mal a été fait, des agents ont été publiquement calomniés. Il n'existe
qu'une issue, leur réintégration pour laver leur honneur et leur permettre de
poursuivre le travail remarquable qu'ils ont accompli.
Communiqué du C-Ism sur rapport du CNC - 7 juillet 2013 3 /4
Les Actions du Collectif Indépendant des Spectateurs du Méliès
La manifestation du 8 juin
La réintégration des agents diffamés et injustement sanctionnés, c’est l'objectif
poursuivi par le C-ism (Collectif Indépendant des Spectateurs du Méliès) qui
s'est constitué en février 2013. Ce Collectif a organisé de nombreuses
manifestations qui avaient à la fois pour but de défendre les salariés injustement
calomniés et le devenir du cinéma d'art et d'essai mis à mal par la perte d’une
partie de son équipe et de son directeur artistique Stéphane Goudet, cette lutte
rejoignant les luttes d'autres cinémas indépendants, en concurrence avec les
grands groupes tels que MK2, UGC, etc.....
Le 8 juin dernier, une grande manifestation organisée par le C-ism et
l'association Renc'art au Méliès avait lieu : des centaines de spectateurs ont
défilé dans Montreuil, comme 4 mois plus tôt, et se sont retrouvés dans une
école où un débat a été tenu.
Lors de ce débat se sont exprimées de nombreuses personnalités du cinéma :
Laurent Cantet, Jean-Pierre Thorn, Christian Rouaud, Dominique Cabrera, la
société des réalisateurs de films, par la voix de son président, Jean-Jacques
Jauffret, le délégué général du Groupement National des Cinémas de
Recherche, Jérôme Brodier. Certains cinéastes ou responsables de structure,
n'ont pu se déplacer, mais ont tenu à faire connaître leur soutien à ce combat :
Jean Louis Comolli - Robert Guédiguian - Dominik Moll - Gérard Mordillat –
Nicolas Philibert - Chantal Richard - Bertrand Tavernier – Michèle Soulignac
directrice de Périphérie à Montreuil.
Une lettre écrite par Patrick Brouiller président de l'AFCAE (Association
Française des Cinémas d'Art et Essai, dont la vocation est de défendre le
cinéma d’art et essai), a été lue par Dominique Cabrera. Cette lettre rappelait
« l'importance de préserver la diversité cinématographique qui constitue les
fondements de l'exception culturelle. (…) Comme d'autres cinémas
indépendants «art et essai », le Méliès, est à cet égard devenu, grâce au travail
de son équipe de ces dernières années, un lieu emblématique qui garantit le
pluralisme et la diversité du cinéma. »
http://www.youtube.com/watch?v=gjduMTwsMBM&feature=youtu.be
Les Méliès éphémères
De son côté, Stéphane Goudet, en partenariat avec l'association Renc'art au
Méliès et le C-ism a organisé plusieurs séances dites « Méliès Ephémère ».
Certaines ont eu lieu à la Parole Errante à Montreuil, une à St Ouen, deux autres
à Paris... Les séances reprendront à la rentrée de septembre pour continuer ce
combat et travailler ensemble au projet culturel du futur cinéma.
Communiqué du C-Ism sur rapport du CNC - 7 juillet 2013 4 /4
En effet, le C-ism a la conviction, après avoir pris connaissance des faits de ce
dossier depuis 2008, qu’il y a eu un véritable acharnement orchestré pour
discréditer et sacrifier cette équipe. La prétendue découverte de l’irrégularité
comptable n’a été qu’un prétexte pour la démanteler et la salir aux yeux de tous.
Sinon, pourquoi ne pas avoir remonté la chaîne de responsabilités qui aurait
identifié les véritables responsables ?
Actions !
Les 3 agents suspendus (programmatrice jeune public, comptable et directeur
artistique) ont porté plainte pour diffamation sur les faux usages de la fausse
caisse noire et ont contesté devant le tribunal administratif leurs sanctions
officielles (licenciement du directeur artistique, pour "non dénonciation d'une
irrégularité comptable et non respect du devoir de réserve") ou déguisées (les
deux régisseuses changées de service sans le moindre conseil de discipline et
contre l'avis unanime de la commission administrative paritaire).
Aussi, la détermination du C-Ism est inébranlable : la lutte continuera, avec tous
ceux qui appréciaient le cinéma Méliès de Montreuil, jusqu’à la victoire, c'est-àdire
la réintégration de toute l'équipe qui a fait, bien au-delà de Montreuil, la
renommée de son cinéma. Pour que le Méliès, lorsqu’il emménagera à
l'automne 2014 dans le futur six salles porté et défendu par cette équipe,
continue à rayonner dans le cadre d’une politique culturelle ambitieuse donnant
toute sa place au cinéma !
Montreuil, le 7 juillet 2013
REPONSE A MME VOYNET
1/2
Ce texte est la lettre ouverte adressée à Madame Voynet, maire de Montreuil le 24 juin 2013 par le
Collectif Indépendant des Spectateurs du Méliès (le C-Ism) qui demande :
· la réintégration des personnes sanctionnées à tort (directeur artistique licencié et deux régisseuses
mutées)
· un débat public sur le projet culturel du cinéma pour le futur six salles
Les rédacteurs de ce texte sollicitent la signature de Montreuillois et de spectateurs d’autres communes à
l'exclusion des élus et dirigeants politiques pour éviter toute récupération politique.
Si vous souhaitez signer cette lettre, envoyez un message à lemeliesenlutte@gmail.com, en précisant votre
nom, prénom et ville de résidence. Merci de diffuser très largement.
Prochain Méliès Ephémère en septembre : toutes les infos seront communiquées sur le blog du C-Ism :
http://lemeliesenlutte.canalblog.com
Lettre ouverte à Madame Voynet,
maire de Montreuil
24 Juin 2013
Il y a six mois, le 3 décembre 2012, vous
dénonciez à la Justice des détournements de
fonds au cinéma Le Méliès.
Un rapport administratif était rendu public, qui
parlait de sommes considérables (143 000 euros),
de drogue, d'argent liquide dans une armoire, de
frais injustifiés …
Prompte à dénoncer, vous vous êtes retranchée
jusqu'à ce jour derrière l'enquête policière qui,
selon vous, révélerait bien pire.
Après ces longs mois, aucune confirmation de
ces accusations n'est venue. Les intéressés ont
démontré sans être contredits qu'elles sont
sans fondement. Ces accusations ne sont donc
que des calomnies.
Vous avez sali l'honneur de plusieurs salariés.
Ils ont été suspendus, puis déplacés. L'un d'eux a
été licencié. Le motif de son licenciement est un
aveu de votre légèreté : il n'aurait pas dénoncé
des défaillances comptables, ce qui signifie
qu'elles auraient été commises par des agents
d'exécution qui n'ont fait qu'appliquer des ordres ;
il n'aurait pas respecté le devoir de réserve, ce qui
suppose qu'un agent, selon vous, n'a pas le droit
de se défendre quand il est accusé publiquement
d'être malhonnête.
46 jours de grève de la quasi-totalité du
personnel du cinéma, l'interpellation de tous les
membres de l'opposition au sein du Conseil
Municipal, des manifestations, des pétitions …
rien n'y a fait.
Madame Voynet, vous n'êtes pas la gérante d'une
entreprise privée, maîtresse chez elle.
Vous êtes provisoirement notre mandataire.
Vous nous devez des explications.
On ne jette pas l'opprobre sur des personnes
sans disposer de motifs sérieux. Vous vous êtes
pourtant appuyée sur une enquête
administrative dépourvue de tout sérieux et
menée par ceux-là mêmes qui portent la
responsabilité d'avoir fait perdurer pendant 10
ans des procédures qu'ils prétendent
irrégulières.
Avec le temps, toutes les insinuations issues de
cette enquête s'effondrent :
- l'argent liquide dans une armoire n'y était que
le temps du décompte et des vérifications
habituelles. Devait-il traîner sur les bureaux ?
- le décompte des 143 000 euros est totalement
fantaisiste : remise en cause d'exonérations connues
et même demandées par vous-même ou vos élus,
recettes des séances non commerciales évaporées
alors qu'elles ont été intégralement reversées dans la
caisse commerciale, abonnements scolaires en cours
de paiement...
- ragots jetés en pâture au public (drogue, taxis,
paiement des réalisateurs …) sans la moindre
preuve et sans qu'ils aient le moindre
commencement de vraisemblance.
En se taisant, tous ceux qui ont connaissance de
cette affaire se rendent complices du délit de
diffamation pour lequel vous êtes poursuivie par les
agents que vous avez calomniés.
La comptabilité, la gestion d'un cinéma municipal
sont complexes. Vous l'avez explicitement reconnu
en recrutant, à la rentrée 2012, un responsable
2/2
administratif et financier et une directrice
administrative et financière.
Mais vous avez laissé pendant toute la période
« litigieuse » des agents subalternes exécuter des
procédures qui apparaissent aujourd'hui partiellement
approximatives.
Une erreur administrative se corrige, elle ne fait pas
l'objet de poursuites pénales et, surtout, si des
sanctions s'imposent, elles doivent viser les
responsables, pas les exécutants qui n'ont fait qu'obéir.
Pourquoi la Commission Administrative Paritaire
chargée d'examiner les mutations des agents a émis, à
l'unanimité, un avis défavorable ?
L'enquête policière ne mettra pas en évidence un seul
euro qui serait parti dans la poche d'un agent. Et s'il
apparaissait que quelques centaines d'euros, en dix
ans, ont été reversés à tort aux distributeurs (pour
cause de difficulté unanimement reconnue par la
profession à gérer des séances non commerciales, soit
une dizaine par an), ce ne serait que la conséquence
de procédures approuvées depuis la création de ce
cinéma municipal par votre direction générale des
services car cette comptabilité, cette gestion ont été
pendant dix ans sous la responsabilité, sous la
surveillance de cette direction générale, de la direction
des finances, du contrôle de gestion. Sans jamais la
moindre remarque.
Les procédures comptables appliquées depuis 2002
ont été mises en place par le directeur des affaires
culturelles en charge de la municipalisation qui n’est
autre que votre maire adjoint à la culture et rapporteur
du budget.
Vous traînez dans la boue des agents d'exécution
tandis que vous ne recherchez pas la responsabilité
des cadres qui avaient donné les consignes et qui
devaient veiller à la bonne marche de ce service.
Ces calomnies, ces incohérences ne sont
explicables que par votre volonté de vous séparer
d'agents qui, pourtant, avaient oeuvré à la réussite de
ce cinéma.
Ces sanctions sont iniques : chaque personne
sanctionnée doit retrouver son poste.
Ces attaques de votre part, depuis de trop longs
mois, nous amènent à nous interroger sur vos
intentions à l’égard du Méliès, un des premiers
cinémas d’art et d’essai de France, dont le
rayonnement et la réputation dépassaient
Montreuil.
Ce cinéma, emblématique sur la scène des cinémas
indépendants, qui honorait depuis dix ans la
politique culturelle de la ville de Montreuil, nous
craignons de le perdre.
AUSSI, demandons nous un débat public sur
l’avenir de notre cinéma et sa politique culturelle
afin qu’il demeure un cinéma d’Art et Essais avec
ses 3 labels d’excellence qui lui ont été
attribués, « Jeune public/ recherche et découverte/
répertoire et patrimoine », offrant pour tous une
grande diversité de film.
Madame Voynet, les Montreuillois soussignés ainsi que des cinéphiles d'autres communes exigent des
explications :
François Fatoux, Béatrice Navajas, Nicolas Combet, Aline Cottereau, Sophie Salbot, Anne-Marie Lemarchand, Stéphane
Germain, Pascale Boyer, Jeanne Studer, Catherine Charpentier, Ginette Lemaître, Raphaël Streit Dit Provins, Blandine
Bacconnet, Ony Hivert, Alexandre Hivert, Manuela Frésil, Christian Millet, Jean-Claude Vuarchère, Christophe Eugene,
Cristina Marques, Kamel Hamadache, Pascal Mage, Solange de Préval, Didier Dunghi, Violeta Bissières, Stéphanie Gauvain,
Sophie Mandonnet, Olivier Cordova, Rita Nicolas, Gérard Nicolas, Michèle Sourieau, Pierre Vila, Mauricette Foissey,
Emmanuelle Bon, Alexandre Thieblin, Annie-France Mistral, Frédérique Marchadour, Isabelle Berteletti, Laure Budin, Claire
Hoog, Pierre-Olivier Lhermitte, Laure Boudou, Hélène Guillen, Jean-Luc Guilllen, Jean-Pol Lefebvre, Annie Pastureau, Chris
Geske, Laure Nilus, Yoni Chanson, Sandrine Chanson, Nicole Soulaire, Sophie Bernhardt, Frédéric Hervé, Catherine Rodrigues,
Michèle Brousse, Stéphanie Reynaud, Elodie Colin, Elsa Colin, Yves Colin, Dominique Cabrera, Ingrid Monchy, Jean-Jacques
Sacquepey, Catherine Vialles, Effi Mild, Farid Hafs, Anne-Marie Hafs, Patricia Marchese, Marie-José Bloncourt, Valérie
Barrios, Laurence Bertagnol, Stefff Gotkovski, Luise Franke, Louison Villefroy, Sebastien Perrenoud, Marc Druez, Miguel
Pecina, Martine Guillaud, Martin Provost, Marion Ploix, Mathieu Rollet, Anne-Sophie Birot, Sofi Vaillant, Théo Jarrier, Pascale
Szpiro, Gilbert Delanoue, Régine Jusserand, Florent Haladjian, Valérie Deronzier, Dominique Jolly Bertelett, Marc Abel, Seb
Martel, Isabelle Rathery, Mathieu Vigouroux, Cédric de Mondenard, Martin Verdet, Paola Cordova, Olivier Cordova, Christine
Coste, Fabrice Villard, Guy Vouillot, Bertrand Monier, Claire Garzon, Jean-Michel Coinaud, François Paumard, Magali
Fadainville, Catherine Giffard, Valérie Bousquet, Nicolas Villaumé, Cécile Beaupain, Eléonore Faucher, Claire Childeric,
Françoise Hickel, Delphine Rousseau, Evelyne Larousserie, Thomas Vincent, Anne Desrivières, Catherine Petiteau, Jacques
Bousquet, Martine Bousquet, Nathalie Carboni-Latour, Thierry Latour, Anne Ropers, Emmanuel Finkiel, Claire Toulouse,
Aurélia Petit, Lazare Boghossian. Julie Guehria, Gudrun Krabbe, Véronique Marmeuse, Claire Cansell
et hors de Montreuil : Dorothée Boichard, Philippe Fusellier (Paris), Marie-Hélène Vogt, (Rosny-Sous-Bois), Jean-Pierre Thorn
(cinéaste Paris) , Christine Buratto (Rosny-Sous-Bois), Martine Mercier (Bobigny), Jeannine CINCET (Bagnolet), Guy Baude
(Vincennes), Isabelle Jégo (Paris), Christine Nissim (Bagnolet), Agnès Noden (PAU), Etienne Champion (Strasbourg), Jeannine
Ibanez (Paris), Claude Lebatard (Paris)
Le Collectif indépendant des spectateurs du Méliès – Le C-Ism
Demandes d’informations et SIGNATURES à adresser à : lemeliesenlutte@gmail.com
Méli-mélo au cinéma Georges-Méliès de Montreuil, suite : le CNC rend son rapport
Actualité | La mairie de Montreuil rend public un rapport du CNC, qui note des irrégularités dans la gestion mais ne confirme pas les détournements de fonds.
Aujourd’hui, mardi 25 juin 2013, la maire de Montreuil Dominique Voynet rendra public le
rapport de l’inspection du cinéma municipal Georges-Méliès que lui a adressé, le 12 juin dernier, le directeur du CNC, Eric Garandeau. Le CNC avait engagé une enquête au début de
l’année, après avoir appris, par la presse, des irrégularités comptables reprochées par la mairie à l’équipe du cinéma.
Rappel des faits, lorsqu’une
nouvelle directrice administrative a pris ses fonctions au Méliès, fin 2012, elle a signalé à la mairie une billetterie parallèle, non déclarée, portant sur des séances non
commerciales. Le conflit ancien entre Dominique Voynet et l’équipe du cinéma, menée par son directeur artistique Stéphane Goudet, historiquement proche de l’ancien maire Jean-Pierre Brard (battu par
Dominique Voynet en 2008), s’est aussitôt ravivé et le ton a grimpé.
Il était question d’argent liquide dans une armoire, de recettes occultes, de taxe non reversée, Mme Voynet parlait de « caisse noire » et portait plainte pour «
détournement »… Très vite, elle a pris de lourdes sanctions, suspendant sans salaire le directeur artistique (licencié depuis) ainsi que les deux régisseuses. Aux
journalistes, dont Télérama, elle racontait même avoir entendu qu’une partie de cet argent public avait servi à payer la drogue d’un réalisateur à Cannes… Depuis, ces
allégations ont disparu, comme celles d’enrichissement personnel de la part des agents du cinéma.
Reste aujourd’hui que plusieurs dizaines de séances – quarante-six entre 2010 et 2012 selon le CNC – n’ont pas respecté le code du cinéma et de l’image animé, et présentent des
irrégularités « passibles de sanctions administratives prévues à l’article L 422-1 », qui vont de l’avertissement à la fermeture du cinéma pour un an, et jusqu’à
l’interdiction d’exercer des fonctions de direction. Le CNC note aussi, dans son rapport, que l’absence de documents conservés empêche de prouver que les recettes parallèles ont été,
comme l’a toujours dit l’équipe du Méliès, reversées dans la comptabilité officielle.
Mobilisation
Ravie, la mairie de Montreuil estime sans nuance que ce rapport confirme ses analyses et légitime les sanctions prises. « Nous n’avons rien inventé, les irrégularités sont avérées
et il est de notre responsabilité, en tant que tutelle, d’y remédier », dit-on dans l’entourage de Dominique Voynet. Le CNC confirme en effet les irrégularités mais parle de
seulement quarante-six séances illégales, n’évoque aucun détournement de fonds, ni n’évalue le montant du manque à gagner pour la Ville – qui l’estime, elle, toujours à 140 000 euros
minimum. Un chiffre jugé totalement fantaisiste par les associations de soutien au Méliès, comme Renc’art
au Méliès et le Collectif indépendant des spectateurs du Méliès, dont la mobilisation ne faiblit
pas depuis six mois.
Après quarante-six jours de grève entre janvier et mars 2013, des manifestations presque chaque semaine, de nombreuses tribunes dans la presse, ces soutiens soulignent aujourd’hui que
le cinéma a connu une baisse de fréquentation au premier trimestre (baisse de 15% selon la mairie, sans compter les jours de grève). La mairie, elle, attribue cette baisse aux «
nombreuses actions de sabotage », alors que de nombreux Montreuillois sont impliqués dans la défense de leur cinéma. Et si les débats et animations, jadis très dynamiques au
Méliès, sont devenus très pauvres, ce serait parce que « des réalisateurs ont subi des pressions pour ne pas y intervenir. »
Avec une fausse innocence – c’est elle qui rend public le rapport et appelle la presse –, la mairie assure vouloir « sortir de la polémique » avant l’ouverture du nouveau
Méliès agrandi, en juin 2014, pour lequel un « projet culturel » sera élaboré à l’automne entre les acteurs culturels et la Ville. Stéphane Goudet, lui, a attaqué son
licenciement devant le tribunal administratif (tout comme les régisseuses ont contesté leur suspension) et prépare probablement sa contre-offensive.
Le 25/06/2013 à 10h46 – Mis à jour le 25/06/2013 à 12h25 Juliette Bénabent
Lettre ouverte à Madame Voynet, maire de Montreuil
24 Juin 2013
Les rédacteurs de ce texte ont sollicité la signature de Montreuillois et de spectateurs d’autres communes à l’exclusion des élus et dirigeants politiques pour éviter toute
récupération politique. La collecte de signatures continue. Votre signature sera recueillie si vous en faites la demande à l’adresse : lemeliesenlutte@gmail.com.
Il y a six mois, le 3 décembre 2012, vous dénonciez à la Justice des détournements de fonds au cinéma Le Méliès.
Un rapport administratif était rendu public, qui parlait de sommes considérables (143 000 euros), de drogue, d’argent liquide dans une armoire, de frais injustifiés… Prompte à dénoncer,
vous vous êtes retranchée jusqu’à ce jour derrière l’enquête policière qui, selon vous, révélerait bien pire.
Après ces longs mois, aucune confirmation de ces accusations n’est venue. Les intéressés ont démontré sans être contredits qu’elles sont sans fondement. Ces accusations ne sont
donc que des calomnies.
Vous avez sali l’honneur de plusieurs salariés. Ils ont été suspendus, puis déplacés. L’un d’eux a été licencié. Le motif de son licenciement est un aveu de votre
légèreté : il n’aurait pas dénoncé des défaillances comptables, ce qui signifie qu’elles auraient été commises par des agents d’exécution qui n’ont fait qu’appliquer des ordres ; il
n’aurait pas respecté le devoir de réserve, ce qui suppose qu’un agent, selon vous, n’a pas le droit de se défendre quand il est accusé publiquement d’être malhonnête.
46 jours de grève de la quasi-totalité du personnel du cinéma, l’interpellation de tous les membres de l’opposition au sein du Conseil Municipal, des manifestations, des pétitions … rien
n’y a fait.
Madame Voynet, vous n’êtes pas la gérante d’une entreprise privée, maîtresse chez elle.
Vous êtes provisoirement notre mandataire.
Vous nous devez des explications.
On ne jette pas l’opprobre sur des personnes sans disposer de motifs sérieux. Vous vous êtes pourtant appuyée sur une enquête administrative dépourvue de tout sérieux et menée par ceux-là
mêmes qui portent la responsabilité d’avoir fait perdurer pendant 10 ans des procédures qu’ils prétendent irrégulières.
Avec le temps, toutes les insinuations issues de cette enquête s’effondrent :
- l’argent liquide dans une armoire n’y était que le temps du décompte et des vérifications habituelles. Devait-il traîner sur les bureaux ?
- le décompte des 143 000 euros est totalement fantaisiste : remise en cause d’exonérations connues et même demandées par vous-même ou vos élus, recettes des séances non commerciales
évaporées alors qu’elles ont été intégralement reversées dans la caisse commerciale, abonnements scolaires en cours de paiement…
- ragots jetés en pâture au public (drogue, taxis, paiement des réalisateurs …) sans la moindre preuve et sans qu’ils aient le moindre commencement de vraisemblance.
En se taisant, tous ceux qui ont connaissance de cette affaire se rendent complices du délit de diffamation pour lequel vous êtes poursuivie par les agents que vous avez calomniés.
La comptabilité, la gestion d’un cinéma municipal sont complexes. Vous l’avez explicitement reconnu en recrutant, à la rentrée 2012, un responsable administratif et financier et une
directrice administrative et financière.
Mais vous avez laissé pendant toute la période « litigieuse » des agents subalternes exécuter des procédures qui apparaissent aujourd’hui partiellement approximatives.
Une erreur administrative se corrige, elle ne fait pas l’objet de poursuites pénales et, surtout, si des sanctions s’imposent, elles doivent viser les responsables, pas les exécutants qui
n’ont fait qu’obéir.
Pourquoi la Commission Administrative Paritaire chargée d’examiner les mutations des agents a émis, à l’unanimité, un avis défavorable ?
L’enquête policière ne mettra pas en évidence un seul euro qui serait parti dans la poche d’un agent. Et s’il apparaissait que quelques centaines d’euros, en dix ans, ont été reversés à
tort aux distributeurs (pour cause de difficulté unanimement reconnue par la profession à gérer des séances non commerciales, soit une dizaine par an), ce ne serait que la conséquence de
procédures approuvées depuis la création de ce cinéma municipal par votre direction générale des services car cette comptabilité, cette gestion ont été pendant dix ans sous la
responsabilité, sous la surveillance de cette direction générale, de la direction des finances, du contrôle de gestion. Sans jamais la moindre remarque.
Les procédures comptables appliquées depuis 2002 ont été mises en place par le directeur des affaires culturelles en charge de la municipalisation qui n’est autre que votre maire adjoint
à la culture et rapporteur du budget.
Vous traînez dans la boue des agents d’exécution tandis que vous ne recherchez pas la responsabilité des cadres qui avaient donné les consignes et qui devaient veiller à la bonne marche
de ce service.
Ces calomnies, ces incohérences ne sont explicables que par votre volonté de vous séparer d’agents qui, pourtant, avaient oeuvré à la réussite de ce cinéma.
Ces sanctions sont iniques : chaque personne sanctionnée doit retrouver son poste.
Ces attaques de votre part, depuis de trop longs mois, nous amènent à nous interroger sur vos intentions à l’égard du Méliès, un des premiers cinémas d’art et d’essai de France, dont le
rayonnement et la réputation dépassaient Montreuil. Ce cinéma, emblématique sur la scène des cinémas indépendants, qui honorait depuis dix ans la politique culturelle de la ville de
Montreuil, nous craignons de le perdre.
AUSSI, demandons nous un débat public sur l’avenir de notre cinéma et sa politique culturelle afin qu’il demeure un cinéma d’Art et Essais avec ses 3 labels d’excellence
qui lui ont été attribués, « Jeune public/ recherche et découverte/ répertoire et patrimoine », offrant pour tous une grande diversité de film.
Madame Voynet, les Montreuillois soussignés ainsi que des cinéphiles d’autres communes exigent des explications :
« On
peut s'passer de Voynet, pas du ciné ! »scandaient
les 500 manifestants déambulant joyeusement dans les rue de Montreuil (93), en soutien au cinémaLe
Méliès, samedi après midi. Après la grève de 46 jours des salariés de la salle municipale d'art et d'essai et sa réouverture au public, la mobilisation ne faiblit pas, dans un
contexte local de plus en plus délétère.
Les
manifestants se rassemblent devant le Méliès avant de partir dans les rues de Montreuil
Le soleil tape dur sur les manifestants de tous âges qui se rassemblent devant le cinéma le Méliès. Quand la manifestation démarre en direction de la mairie, l'atmosphère est
d'autant plus festive que le pari est réussi : ils sont plusieurs centaines, 500 environ, à avoir répondu une nouvelle fois à l'appel des associations (Collectif
indépendant des spectateurs du Méliès, Renc'Art au Méliès, Soutien au Méliès, Le Méliès en lutte... ) et de la CGT territoriaux de la ville qui réunit les salariés du cinéma
municipal.
« Rendez-nous
Goudet et son équipe »,
lit-on sur une banderole en soutien au directeur historique du Méliès, Stéphane Goudet, licencié abusivement par la maire le 23 février, et à son équipe malmenée,
diffamée, pour ne pas dire martyrisée. De l'humour, noir, sur cette bannière : « Méliès :
le cinéma muet » ; une
crainte majeure avec le slogan : « Non
à la privatisation du Méliès ». » Au
cours de la déambulation, on s'arrête un long moment devant un bistro ou un groupe de musicien entonne« La
chanson du Méliès ». Refrain
repris en cœur :
Oh
oh c'est pas beau
D'nous
prendre pour des blaireaux
Oh
oh Croix de Chavaux
N'tombe
pas dans le panneau
Lors
du conseil municipal du 6 juin, les manifestants sont empêchés de dérouler leur banderole de soutien au Méliès
Le jeudi soir précédent, la séance du conseil municipal s'est transformée en foire d'empoigne entre une partie du public qui voulait dérouler une banderole en soutien au
Méliès et des militants des Jeunes écologistes décidés à les en empêcher manumilitari. Bousculades, invectives, coups (une « proMéliès » s'est
pris « un
coup de livre sur le crâne »).
Une autre fois c'était un élu proche de Dominique Voynet qui du être ceinturé alors qu'il allait balancer son poing à la figure d'un représentant de l'opposition. Un
article récent de Mediapart (1)
s'est fait l'écho des pratiques d'une « Équipe mobile de sécurité », sorte de milice municipale créée par la maire d'EELV, après que certains de ses membres
aient violemment pris à partie un journaliste.
Autant de symptômes parmi bien d'autres qui mettent à mal la « vertu » revendiquée par la maire, laquelle doit à présent se justifier à la suite d'un rapport de
la Chambre régionale des comptes qui épingle très durement sa gestion des affaires municipales.
Devant
la mairie, les manifestants sont accueillis... par la fanfare du mariage en cours
« Ça
ne manque pas de sel, s'exclame
une manifestante, Marie,quand
on sait que c'est au nom de la “vertu” que
Voynet a voulu salir l'équipe du Méliès en prétendant, sans preuve, qu'ils avaient une “caisse
noire”,
qu'ils faisaient du trafic de drogue,etc. ».
Des accusations qui ont fait long feu, mais qui ont permis à Dominique Voynet de licencier tambour battant et, au mépris du droit, le directeur du cinéma et de démanteler
l'équipe. Avec, comme résultat provisoire, selon Stéphane goudet, « 40
000 entrées de moins sur les cinq premiers mois de l'année 2013 par rapport à 2012, une diminution de 51% de la fréquentation, alors même qu'il n'y a pas eu d'appel au
boycott ! »
À la fin de la manifestation une partie des participants s'est retrouvée à débattre à l'ombre des arbres de la cour de l'école Diderot à Montreuil. Parmi les intervenants,
il y avait des représentants du Groupement national du cinéma de recherche, de la Société des réalisateurs de films, de salles de cinéma d'art et d'essai d'autres villes
elles aussi en péril, des cinéastes, tous faisant le lien entre les enjeux de la lutte du Méliès et ceux du cinéma indépendant en France. Les molosses de la distribution,
les UGC, MK2 et compagnie veulent sa peau, des municipalités baissent la garde ou collaborent et l'État reste les bras ballants malgré toutes les alertes. Cela au moment
où un futur accord de libre échange entre les États-Unis et l'Union européenne met sur la sellette « l'exception culturelle ».
La
manifestation fait une pause pour écouter « La chanson du Méliès »
À Montreuil pour l'heure, point de « projet culturel », la maire s'est engagée à mettre en débat un « brouillon » pour la rentrée. S'agissant du
Méliès, plus le temps passe et plus surgissent des informations alarmantes confirmant l'intention de la majorité municipale de privatiser le cinéma. Ainsi, la nouvelle
directrice du Méliès, choisie par Dominique Voynet, Nathalie Hocquard, peut-elle se prévaloir d'avoir accompagné, en faisant l'éloge de la ville, la privatisation et
l'effondrement qualitatif du cinéma de Champigny-sur-Marne pour lequel elle a travaillé 9 ans. Une illustration de sa remise en cause du « terme
de démocratisation culturelle, chère aux municipalités de gauche » (2).
Il lui faudra compter avec un mouvement social original, un mouvement politico-culturel indépendant des partis politiques à Montreuil, sur lequel le temps ne semble pas
avoir de prise, tout au contraire, qui veut sauver son cinéma et retrouver l'équipe qui en a fait le succès. Un des mot d'ordre les plus repris lors de la manifestation
était : « Vive
le Méliès libre et indépendant ! »
Je me suis présentée à elle dans le hall du cinéma bondé. Elle a l’air gentille. J’essaie de cacher mon malaise en lui présentant mon compagnon, par ailleurs le chef
opérateur d’Entrée du personnel. Dans une heure, je vais lancer l’occupation du cinéma, elle va mal le prendre. « Elle », c’est la nouvelle programmatrice du Méliès, à
Montreuil. Je n’ai rien contre elle, elle fait son boulot. Mais son boulot, ce soir, c’est de participer à l’éviction de l’ancienne équipe du cinéma, inventeuse d’un lieu
pour penser, grandir, rire, chanter, et quelquefois pleurer, bref vivre. Pas le cinéma abstrait… non, un cinéma tout bête : trois salles, une grande, une moyenne, une
petite. Des fauteuils, un guichet. 150 personnes sont dans la salle. L’action autour de la projection d’Entrée du personnel a été annoncée sur les réseaux sociaux. Nous
n’avons pris personne en traitre. L’« ancienne équipe » ainsi que ses défenseurs sont là. À la suite de la projection, je vais demander un autre débat que celui prévu :
celui qui n’a jamais eu lieu avec les élus à la culture de la municipalité, et le public. Ça, c’est ce qui était prévu, sauf que… Le serveur informatique du projecteur de
la salle a eu un problème. Nous avons attendu, puis elle a fini par m’avouer que le film ne passerait pas. J’ai pris les micros, j’ai informé la salle : ni film ni débat
– enfin pas celui prévu. Les gens sont restés. Nous avons commencé l’occupation du Méliès. Razzy Hammadi, député PS, est présent. Il s’engage à questionner la ministre de
la Culture, à ne pas faire d’alliance avec l’actuelle municipalité tant que l’ancienne équipe du Méliès n’est pas réhabilitée. Jean-Pierre Brard, ex-député (Front de
gauche), se fait témoin de cet engagement. Au débat suivant, dans une autre ville où fonctionne très bien un cinéma municipal et indépendant, un spectateur ému demande aux
ergonomes qui m’invitent comment on peut lutter contre ces cadences infernales. « Ça dépend du rapport de force… disent-ils. Car chaque geste rendu plus facile peut être
utilisé par les patrons pour accélérer les cadences. » Se battre donc… Établir en effet un rapport de force. On commence quand ?
Pour la projection de mon film, la grande salle du Méliès, à Montreuil, était pleine. Le Méliès, c’est le cinéma municipal de mon quartier. Ce qui ne l’empêche pas d’être
indépendant.
Il nous est aussi indispensable que le marché le dimanche matin, la piscine, La Poste et l’agence Pôle emploi… Nos enfants y ont vu leurs premiers films sur grand écran et
ce n’étaient pas des Walt Disney. J’ai découvert des raretés aux Rencontres du cinéma documentaire. J’ai pu quelquefois expliquer à des voisins pourquoi et comment, à mon
sens, tel film de Resnais était un grand film. Alors que la chute leur paraissait… « trop… très… énigmatique, peut-être ? » C’est l’avantage de la vie de quartier que de
parvenir à prolonger des conversations de loin en loin et de voir les enfants grandir – les siens, ceux des autres. Fréquenter d’autres séances que celles où l’on aimerait
les accompagner…
Mais récemment le Méliès a été malmené. Le public qui le fréquente aussi. Nous serions des « bobos », des gens qui aiment l’élitisme, la culture avec un grand C. Quant aux
cinéastes invités, la municipalité accuse l’ancienne équipe d’avoir donné de la drogue à certains d’entre eux. « Pas à moi ! » j’ai dit à nos grandes filles qui nous
regardent en coin. Puis le Méliès est tombé en grève comme on tombe malade. Pendant un mois et demi, il nous a manqué. Il a rouvert très affaibli. Le directeur artistique
licencié, une programmatrice mutée, l’autre remerciée.
La municipalité a tenté une greffe : une directrice qui programmerait et/ou une programmatrice qui dirigerait… bref, j’ai pas très bien compris. Mais cette greffe ne prend
pas, le public résiste. Lorsqu’on m’a proposé de faire un débat à Montreuil, j’ai accepté. J’ai accepté de débattre à Montreuil de l’avenir du cinéma. L’adjoint à la
culture, et alors même que la salle était pleine, n’a pas voulu entrer. Il a dit que le « problème du cinéma était derrière lui ». Il a dit que nous n’existions pas. C’est
difficile de résister quand on n’existe pas…
Il est venu me voir l’autre soir à la fin de la projection. Il me
dit : « Vous me reconnaissez », comme je ne suis pas sûre, je lui dis « non ». Il me dit : « Je suis R, vous m’avez interviewé pour le film. Je suis dans le film… » Pour
réaliser Entrée du personnel, j’ai, en effet, passé un pacte de confidentialité avec les salariés. Nous ne nous sommes vus qu’une seule fois, j’ai enregistré leurs paroles.
Transcrits, ces mots sont devenus le texte du film. Au son, le film raconte comment le travail à la chaîne use les corps ; à l’image, c’est une autre histoire : étiquettes,
barquettes, poulets, jambons… Entre les salariés et la matière qu’ils travaillent, qui s’appelle « minerai » comme du charbon, c’est chair contre chair.
R est l’un des rares contremaîtres à avoir accepté de témoigner de
ses conditions de travail. Il m’avait dit : « Au début, j’étais à fond derrière l’entreprise et même derrière la direction. On nous disait : “Avec les nouvelles machines,
vous n’aurez plus rien à porter, et si ça va trop vite, on arrêtera le bouton…” » Sauf que sur ces machines, il n’y a pas de bouton, et c’est comme ça que R est devenu
syndicaliste.
Quand il a dit à son « chef » du syndicat qu’il venait voir le film,
l’autre lui a dit : « C’est pas un film comme ça qui revalorisera mes métiers. » Le chef n’est pas venu et d’ailleurs, il ne viendra pas, ses collègues nont plus. En face,
c’est vrai, il y a l’autre syndicat. Ils sont venus, à trois…
Il me dit – lui, c’est le distributeur – : « Personne ne s’est
emparé du film. » Je lui dis : « Mais ils sont où les gens ? Les syndicats, les associations, les réseaux citoyens, les médecins du travail, les inspecteurs du travail, les
intellectuels de gauche ? » Tout se passe comme si, parce que l’outil de production fond comme neige au soleil, il ne faut plus parler que d’emploi. Pas des conditions de
l’emploi, surtout si elles ne sont pas drôles.
Bon, Manuela au travail ! Au dernier débat, on était 40. Le
prochain : dimanche 26, avec Maurice Failevic. Croit-il lui aussi que le cinéma peut changer le monde ?
Je suis Manuela Frésil, cinéaste. Dire que c’est mon métier est un grand mot : c’est ce que je fais dans la vie. Mon dernier film, Entrée du personnel, est sorti en salles le 1er mai. C’est
un documentaire qui utilise les moyens de la fiction pour raconter les conditions de travail des ouvriers des usines agroalimentaires, autrement dit les abattoirs. J’ai mis sept ans à le
réaliser. J’ai été têtue. Petit à petit, j’ai rassemblé les pièces du puzzle et je n’ai pas filmé en caméra cachée. Je n’aime pas cela. À sa sortie, le film a été… Comment le dire sans se
vanter ? « Très bien accueilli par la critique ». Mais cette semaine, franchement, ça ne va pas. Depuis trois semaines j’enchaîne les débats dans des salles pas complètement vides, mais
jamais pleines, et la courbe des entrées descend, inexorablement. Il me dit : « Irréductible râleuse ! Ton film encore à l’affiche, il y en a tellement qui disparaissent des écrans au bout
d’une semaine ! » Elles me disent : « Ben, il faut dire que l’abattoir, ça ne fait pas rêver. » Lui, c’est mon compagnon, elles, ce sont nos filles. On a un toit sur la tête à Montreuil, un
grand balcon où pousse en ce moment des fraises. Entrée du personnel raconte précisément cela, ce que chacun d’entre nous est capable d’endurer pour avoir un toit, un salaire à la fin du
mois. Certes, dans les usines filmées, les cadences sont plus difficiles à tenir qu’ailleurs. S’y ajoutent le froid et la souffrance physique. Mais nos soucis se ressemblent et nos rages
aussi : ni eux ni moi ne savons comment et contre qui nous battre. Je lui dis (lui, c’est le distributeur) : « Je veux bien continuer, mais il n’y a personne en face. » Il répond : « C’est
parce que personne ne s’est emparé encore du film. » Je sais bien que cet « encore » est dit par gentillesse, jusqu’à ce qu’à bas bruit le film disparaisse des écrans. Comme si faire un film
sur le travail ne servait à personne. Comme si la question sociale avait déserté le champ du cinéma.
Manuela Frésil
Le 14 Mai, à l'invitation du Collectif Indépendant des spectateurs du Méliès, une assemblée générale improvisée s'est tenue dans la salle 1.
Projection "impossible" pour des raisons techniques du film "Entrée du personnel" - Manuela Frésil prend le micro
Pour Renc'Art au Méliès : Marie-Madeleine Cornières, Marie-Jeanne Moussard, Mireille Rainguez et Michel Podgoursky.
Pour la mairie : Dominique Voynet, Emmanuel Cuffini et Sébastien Maire.
E
n février l’association a envoyé un courrier à la maire demandant une rencontre, elle a renouvelé sa demande à plusieurs reprises. Il aura fallu attendre le 06
mai pour qu’elle soit reçue.
Marie-Madeleine présente la délégation, réaffirme son soutien à l'équipe licenciée et sanctionnée ou qui continue à travailler dans des conditions difficiles,
elle interroge la maire sur tant de précipitation à se débarrasser du directeur artistique et demande où en est l'enquête policière.
MmeVoynetse dit aussi solidaire du personnel municipal ; d'autres agents
vivent mal les insultes, les caricatures… On ne va pas se convaincre.
Il y a 2 démarches : une administrative, au vu du dysfonctionnement sévère du fonctionnement municipal, l'autre de police judiciaire, dont on ne sait rien, sauf
qu'elle attend les résultats d'une enquête du CNC, actuellement dans les locaux du cinéma. Les résultats de l’enquête judiciaire peuvent prendre beaucoup de temps.
Le Conseil du Cinéma :
L’association redemande une réunion urgente car c’est un lieu d’expressions diversifiées et de débats :
Mme La maire : on attend un retour au calme…Il ne sera pas convoqué prochainement.
Ce conseil ne doit s'occuper, selon elle, que de la politique culturelle et non des problèmes du personnel. Trop de temps perdu en dialogues de sourds et en
digressions hors sujet (paiements de taxis…) [S'il n'y avait pas eu cette histoire de taxis, MmeHocquardn'aurait pas mis son nez dans la comptabilité et n'aurait pas découvert les dysfonctionnements !]
Le retard dans les travaux laisse du temps pour travailler le projet culturel et donc elle ne voit aucune urgence pour convoquer le conseil du cinéma.
Les travaux du futur cinéma :
A quelle date doit démarrer le chantier ? Durée des travaux ?
Mme La maire : des difficultés ont été rencontrées à 3 moments différents :
Il y a 2 ans, suite au concours d'architecture, un problème de volumétrie par rapport au centre commercial a été révélé, des faiblesses dans les projets (issues
de secours à mettre en conformité, hall d'accueil avec entrées et sorties, acoustique par rapport aux commerces…) sont apparues, la géométrie de la coque a dû être revue. En rajoutant une
épaisseur d'isolant, il manquait alors 40 cm en hauteur !!! Au parking en dessous, la solidité des fondations était prévue pour la coque seule (!) selon les calculs de 2006, a dû être
renforcée.
Dans la conception même du projet, il va être difficile d'approvisionner les travaux intérieurs à la coque, ouverte sur la place déjà en service, un accès au
chantier est en cours d'aménagement le long du théâtre… Toutes les difficultés viendraient de la conception séparée du cinéma et sa coque ?
L'entreprise chargée du lot "plomberie et climatisation" a été en liquidation judiciaire. Il y a 6 semaines, le repreneur de cette entreprise a accepté de
continuer le chantier. Comme c’est un élément du gros œuvre, sa présence est attendue pour que les calculs soient repris et revalidés…
Le chantier pourrait débuter début juin pour une petite année voire 10 mois.
Pour le moment, aucun surcoût n’est annoncé.
Leprojet culturel :
L’association a demandé à quelle date il serait porté à la connaissance du conseil du cinéma ? Qu’est advenu le projet déposé par M.
Goudet ?
Mme la maire : Suite aux Assises de la Culture un conseil consultatif doit se mettre en place ; EmmanuelCuffiniet StéphaniePerriervont piloter un texte
martyr…Elle trouve le texte de M. Goudet dépassé et passéiste. Pour elle la grosse question est le développement des publics : avec les scolaires, ça marche ; mais les autres publics sont à
conquérir.
Les professionnels s'interrogent sur l'avenir des salles de projection, avec une jeunesse dont les habitudes de consommation des images sont différentes et
ailleurs : elle s'intéresse au cinéma, mais n'y va pas.
Les habitants des quartiers ont du mal à en sortir.
Comment toucher les diverses populations (les femmes, les foyers, les personnes âgées ?...)
Marie-Jeanne Moussard fait remarquer que les transports pour les personnes du haut Montreuil ne sont pas adaptés, elle suggère de meilleurs transports, plus
fréquents, pourquoi pas la mise en place de navette. Réponse cela couterait beaucoup trop cher. Elle souligne que la convivialité autour des films est aussi importante.
Mme la maire promet que le projet culturel du cinéma ferra l'objet d'un large débat dans la ville, avec celui des autres activités culturelles…A suivre
Concernant la programmation :
Marie-Madeleine Cornièresregrette la pauvreté du programme actuel, sans avant-première, sans rencontres avec
les réalisateurs, avec peu de sorties nationales, des horaires inadaptés, ce n’est pas ainsi que l’on va conquérir de nouveau public.
Mme La maire déplore que beaucoup de tractations médiatisées, en particulier à travers les réseaux sociaux, découragent réalisateurs, producteurs, distributeurs…
de "collaborer" avec la Ville de Montreuil ! Selon elle, un agent qui est parti, a laissé dans son ordinateur un message où il annule, vu son départ, tous les rendez-vous au sujet de la
programmation ! D’après elle, les agents en poste actuellement subissent trop de pressions, de sabotages, d'insultes.
Elle regrette d'avoir dû annuler la séance municipale avec Yann Arthus-Bertrand, prévue dans le cadre de l'Agenda 21, au motif que c'était une séance "privée"
alors que selon elle Renc'Art "privatise" aussi les séances du cinéma lorsqu'elle achète l'ensemble des places d'une séance en organisant un débat clandestin. Nous avons fait remarquer
qu’auparavant lorsque l’association achetait beaucoup de places le film au besoin pouvait être déplacé pour être projeté dans une salle plus grande, ce qui n’est plus le cas actuellement.
Mme La maire dit qu’il faut laisser le temps à NathalieHocquardet AnneHuetde faire la preuve de leur capacité. Le passé est douloureux, les douleurs persistent.
Aujourd'hui, selon la municipalité la fréquentation serait en augmentation ! Même si les chiffres prouvent le contraire, renseignements pris pour la 1° semaine
d’avril il y a 1 000 entrées de moins en 2013 qu’en 2012…
À propos de lapublicité :
L’association dénonce les 15 minutes de publicité locale et nationale que nous devons subir avant chaque film.
Mme La Maire prétend que ce n'est pas une décision de la nouvelle direction, les contrats en cours sont annuels elle prend prétexte que les 2 mois de fermeture
des salles obligeraient à rattraper les minutes de pub non passées pendant cette période. Ce contrat pourrait être dénoncé il ne rapporterait que 26 000 € par an de gain pour la
municipalité.
Renc'Art au Méliès informe ses interlocuteurs de son souhait de réinvestir le cinéma.
Mme La Maire nous informe qu’une autre association vient d'êtrecréée autour de cinéphilesnon politisés, soit disantexcédés par l'attitude de Renc'Art au Méliès, sa surenchère et sa
politisation.
Comme il y a deux clubs de foot, il y aura deux associations, nous dit elle.
Qu’entend la maire par non politisé ??? Renc’art de par ses statuts n’est assujetti à aucun parti politique et revendique son indépendance vis-à-vis de la
municipalité quelle qu’elle soit. Indépendance ne voulant pas dire neutralité. Faudra t’il que la prochaine association soit à la solde de la mairie pour être considérée comme non
politisée ???
DV souhaite la transparence sur le passé, en particulier sur les accords entre l'association et le cinéma concernant les places gratuites et celles payantes. La
mairie prétend ne pas pouvoir savoir ce qui a été donné, ni ce qui a été vendu.
Renc’art répond que toutes les places offertes étaient inscrites officiellement dans le journal du cinéma. Que pour toutes les places payées, les chèques étaient
faits au nom du trésor public. Renc'Art au Méliès refera d'autres soirées en invitant ses adhérents.
Mme La Maire dit attendre les résultats de l'enquête du CNC sur la nature des exo distribuées avant de lancer des rencontres pour établir unenouvelle conventionentre les
associations et la Ville, nouvelle convention qui pourrait prendre effet en septembre ?...
Transfert à Est Ensemble :
Mme La maire dit qu’il ne faut pas se réjouir dupassage à Est-Ensemble(espoirs déçus ?) : le transfert ne se fera qu'à la livraison finale des 6 salles, pour une co-inauguration !
Elle s’interroge sur la mise en place d’une commission des programmes, comme il existe une commission des menus pour les écoles (qui ne s'occupe pas d'établir
les menus, mais qui réfléchit, après coup, à ce qui a été donné à manger et propose des améliorations…) ?
En conclusion pour la maire l’urgent c’est d’attendre, elle pense qu’avec le temps les choses vont s’apaiser. Pendant toute la durée de l’entrevue (1h 30) elle a nous a bien fait comprendre
qu’elle seule décide. Elle a du être surprise du calme et de la maitrise des participants de l’association ; elle qui prétend être confrontée à une bande « d’agités furieux ».
Fidèle à sa raison d’être l’association avec l’appui de ses adhérents continuera à œuvrer pour que le Méliès redevienne un cinéma municipal lieu d’éducation populaire, d’échanges et de débats
ouverts à tous les publics ou la programmation n’est soumise à aucune ingérence, faite par des professionnels de renoms comme nous en avons connu jusqu’à un passé récent.
Samedi 4 Mai 14h à la Parole Errante à Montreuil * projection de "LE GRAND RETOURNEMENT"
de Gérard
Mordillat avec Jacques Weber, Francois Morel,
Edouard Baer
suivi d'un dialogue entre Mordillat et
Stéphane Goudet
Le Méliès de Montreuil : fin de la grève et réaction des cinéastes
Alors que les salariés du cinéma Le Méliès de Montreuil ont repris le travail après 46 jours de grève, plusieurs cinéastes signent une tribune pour faire
le point sur ce mouvement et alerter sur la situation du cinéma d’art et essai, dont ce dossier est, selon eux, symptomatique.
En grève depuis le licenciement, en février dernier, du directeur artistique Stéphane Goudet, les salariés du Méliès de Montreuil reprenaient le travail lundi 16 avril. Dans la foulée, huit
cinéastes (Solveig Anspach, Dominique Cabrera, Robert Guédiguian, Dominik Moll, Gérard Mordillat, Chantal Richard, Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Thorn) signent une tribune sur le site de Médiapart.
Dans celle-ci, ils regrettent que la mobilisation qu’a suscité cette affaire n’ait pas permis de faire revenir la mairie de Montreuil sur sa décision. Ils dénoncent par ailleurs la
« campagne de diffamation sans précédent » qu’aurait menée Dominique Voynet contre l’équipe du Méliès. Ils s’insurgent par ailleurs de l’enquête administrative mandatée par la
mairie, qualifiée comme étant « à charge » car « sans témoin, ni contradiction réelle ».
Les cinéastes replacent ensuite l’affaire du Méliès dans un contexte national dont elle serait symptomatique, celui de la survie des salles d’art et essai : « comment ne pas voir combien
les salles indépendantes – les seules diffusant la diversité du cinéma – sont menacées par la concentration de l’exploitation distribution » par les « multiplexes ».
« C’est toute l’économie du cinéma qui est menacée : et, à travers elle, la sauvegarde de la diversité et le renouvellement de la création indispensables à la vitalité du cinéma
français », commentent-ils. Avant de militer, en conclusion sur la réforme du compte de soutien cinéma, et notamment de la « mise en communauté d’intérêt du soutien
automatique » à l’exploitation, qui menace, selon eux, les salles indépendantes.
Au bout de 46 jours d'une grève largement soutenue par le public et de très nombreux cinéastes, les salariés du cinéma municipal d'art et d'essai de Montreuil (93) ont du
reprendre le travail. Huit cinéastes en font le bilan provisoire, dénoncent la « posture
d'autorité mortifère » de la maire, Dominique Voynet, et font le lien avec la situation alarmante de la création cinématographique en France. Tribune...
Le Collectif Indépendant des Spectateurs du Méliès, soutient notre action du 18 Avril, et invite les spectateurs à venir en nombre sur 2 autres séances :
Ne bénéficiant plus des invitations réservées à l'association, nous nous
proposons de subventionner en partie votre billet d'entrée. La séance est à 20h45, mais pour marquer ce retour , nous vous
concoctons un petit verre de l'amitié dès 19h30, pour parler cinéma, suite à donner à notre détermination, bref échanger, et nous projeter dans l'avenir.
Informations pratiques :
réservez votre place à l'adresse rencart93@yahoo.fr avant le 16 avril minuit, cela nous permettra de faire un
pré achat des places.
Renc'Art est désigné persona non gratta
Nous ne céderons pas le terrain
A nous revoir, le temps de l'aventure...
LE COLLECTIF INDEPENDANT DES SPECTATEURS DU CINEMA LE MELIES DE MONTREUIL NOUS ECRIT
Bonjour,
Vous avez consacré une tribune au cinéma Le Méliès qui traverse de grosses difficultés en ce moment, depuis la plainte déposée début avril
par la maire pour détournements de fonds et la suspension de trois agents.Depuis,
Nous vous informons qu'un collectif indépendant de spectateurs s’est créé pour la défense du Méliès. Nous ne croyons pas à la version de la
ville et nous défendons avec détermination :
- 1/ L'équipe du Méliès : les deux régisseuses suspendues (et déplacées depuis début avril malgré l’avis contraire de la commission
administrative paritaire) / le directeur artistique Stéphane Goudet, licencié pour faute le 23 février (non dénonciation d’une irrégularité comptable et non respect du devoir de réserve)
/ la programmatrice dont le contrat a été suspendu au 13 mars 2013 malgré la qualité de son travail / le caissier qui n’a pas été titularisé et reste vacataire
- 2/ Le projet culturel fort porté par cette équipe qui en a fait un cinéma d’exception depuis onze ans
Une pétition a été mise en ligne le 17 mars à la suite de l’occupation du Méliès qui a donné lieu à une intervention très musclée : 40
policiers sont venus déloger 74 spectateurs pacifiques qui demandaient à ouvrir le dialogue.
Nous intervenons en toute indépendance politique et nos actions depuis un mois et demi d’existence nous ont permis de rencontrer trois
membres du cabinet de la maire pour exposer notre compréhension de la situation et demander des explications sur la conduite de la mairie vis-à-vis de cette
équipe.
L'équipe a fait 46 jours de grève, le cinéma a rouvert le 8 mars dans des conditions très difficiles, rien n'a été réglé. La lutte
continue pour l'équipe.
Vendredi prochain, le 12 avril 2013, le cinéma l'Arlequin à Paris accueille une soirée en soutien à l'équipe du Méliès, au cours de
laquelle sera projeté Play Time de Jacques Tati suivi d'une analyse par Stéphane Goudet.
L'entrée est libre, la participation des spectateurs, laissée à leur entière discrétion, ira à la caisse de solidarité du Méliès de
Montreuil.
Je vous adresse l'affiche de la soirée pour publication si vous le souhaitez.
Avec nos remerciements,
Béatrice Navajas
pour le Collectif Indépendant des Spectateurs du Méliès de Montreuil
(*Il s'agit de Michel Simon dans le vieil homme et l'enfant bien entendu)
LES SOUTIENS CONTINUENT.....
Après Denis Vemclefs de l'Espace 1789 à St Ouen, Sophie Dulac et son équipe nous reçoivent à L'ARLEQUIN (75 rue de Rennes - M° St Sulpice) pour le Méliès Ephémère #4 Vendredi 12 Avril 2013 à
20H30 projection de PLAY TIME de Jacques TATI suivie d'une anlayse du film par Stéphane Goudet Séance exceptionnelle de soutien à l'équipe du Méliès de Montreuil après sa grève de 46 jours. un
grand merci à Sophie Dulac et son équipe et aux films de mon oncle. Réservez votre soirée ! un des rares films français à avoir été tourné en 70 mm
Le mois d'Avril est plein de surprises
Notre site est dédié au cinéma et il n'est pas dans notre esprit de vous faire partager d'autres sujets liés à des conflits même si les conflits touchent une salle de cinéma..
Mais lorsqu'un cinéma comme le Mélies de Montreuil est attaqué par une municipalité dont les intérêts politiques sont glauques ou plutot réfléchis pour alièner un site culturel important, aussi
nous réagissons comme beaucoup d'autres ciné-clubs et acteurs liés au cinéma.
Beaucoup de journaux en parlent et nous considérons que les sbires de Madame Voynet rappellent la police du ministre de l'intérieur Raymond Marcellin des années 60.
Ce qui nous gène, c'est que Madame Voynet est une "figure de gauche. Figure de gauche mais bras musclé de droite des années 60-70.
C'est pitoyable et misérable.
Nous sommes solidaires des employés licenciés et nous appelons nos ami'e)s du ciné club à se mobiliser contre cette mascarade de démocratie.
Notre action de solidarité n'est dicté par aucun enjeu politique mais par un soutien à des gens qui ont créé un merveilleux cinéma avec un programme pour cinéphiles et amoureux du beau
"cinéma".
Ci-joint un lien sur la police envoyée en renfort contre les spectateurs récaclitrants
Belle soirée hier à l'espace 1789 à St Ouen qui a réuni 400 personnes et
où Xavier Mathieu et Edouard Martin après le film « La Saga des Conti »
ont témoigné sur les combats qui ont été et sont encore les leurs.
Merci à toutes les forces qui ont permis la réalisation de ce moment " magique " qui nous prouve une fois de plus, à quel point la lutte transforme et grandit celui qui la mène.
Ce blog est créé par décision du CA de Renc'Art au Méliès le 22 janvier 2013 afin de diffuser rapidement de l'information concernant la situation actuelle du cinéma Méliès. Faites-le
connaître!
jeudi 28 mars rubrique presse
Lettre de Jean Pierre Thorn à l'adresse des cinéastes
mercredi 27 mars rubrique publications de renc'Art
Méliès épémère 3 La saga des conti à St Ouen
mardi 26 mars rubrique presse
Les Inrockuptibles
rubrique photos vidéo
intervention de Jean Pierre Thorn cinéaste à la conférence de presse du 16 janvier (à voir
absolument)
rubrique presse
France culture En
période de crise, les municipalités renforcent-elles leur contrôle sur le cinéma ? ( à écouter)
Si le Méliès a rouvert,
le dossier n'est pas "clos" pour autant.
La bataille
continue, et Renc'Art au Méliès , fidèle à ses statuts, fera tout pour que l'équipe injustement sanctionnée soit réintégrée, et
pour que le Méliès reste un lieu de culture, de débats, d'échanges, de plaisir, de liberté ouvert à toute la population quelque
soit sa position sociale.
C'est pourquoi nous vous invitons nombreux
à participer à la soirée
CINE LUTTES,
mercredi 3 avril à
20H30
dans le cadre du Méliès Ephémère
#3
De Montreuil à St Ouen
Remercions vivement L'Espace
1789 qui nous reçoit,
en partenariat avec
l'association Renc'Art au Méliès, le collectif indépendant des spectateurs du Méliès, le collectif des
cinéastes
Projection du court métrage
"Souffre" de Paméla Varéla,
et du documentaire
" La Saga des Conti" de Jérôme Palteau.
L'évènement baptisé Ciné
luttes, rassemblera Édouard Martin (Arcelor Mittal) , Xavier Mathieu* (Continental), les deux réalisateurs et sera animé par
Stéphane Goudet.
À
mercredi donc
* Xavier
Mathieu qui a soutenu l'équipe du Méliès par deux fois dans les médias RTL et Canal Plus
Un départ
commun est envisagé depuis le Melies pour ceux qui le souhaitent RDV 18h30 devant le cinéma
(pensons au
co-voiturage, organisons-nous)
Pour les autres,
adresse de l'Espace 1789
2-4 Rue Alexandre Bachelet 93400 Saint-Ouen
01 40 11 50 23
METRO : ligne 13 - Stations Garibaldi ou Mairie de Saint-Ouen RER : ligne C - Station Saint-Ouen
puis Bus 173 ou 174 - Station Mairie de Saint-Ouen BUS : 85 - 137 - Station Ernest Renan PERIPHERIQUE: Sortie Porte de Clignancourt ou Porte de Saint-Ouen
Tarifs 6€/4€50/4€ Pensez à
vous munir de votre carte d'ahérent à Renc'Art pour bénéficier du tarif réduit
vous pourrez
"nourrir"la caisse de solidarité libre et acheter le calendrier de l'équipe du Méliès "Affreux, sales et méchants ?" qui
vient de paraître.
Objet
: espace1789 Saint-Ouen]
mercredi 3 avril MÉLIES ÉPHÉMÈRE #3 avec "SOUFFRE" & "LA SAGA DES CONTI"
Bonjour les ami(e)s
La projection de
soutien que nous organisons mercredi 3 avril à L'ESPACE 1789 SAINT OUEN fait suite à l'interpellation publique de Xavier
Mathieu (des CONTI) sur le plateau de CANAL + soutenant l'équipe du MÉLIES et son directeur artistique Stéphane Goudet licencié
par Dominique Voynet (après 45 jours de grève de l'équipe!)
Nous sommes
actuellement 98 cinéastes a avoir signé la dernière LETTRE OUVERTE À Dominique Voynet *parallèlement à celle signée par
plusieurs centaines de spectateurs Montreuillois.
La projection de
mercredi prochain est destinée à montrer que n'acceptons pas ces méthodes scandaleuses de diffamation publique employée par la
Maire de Montreuil ! Que nous exigeons la réintégration de Goudet et le non démantèlement de l'équipe. Que nous défendrons
jusqu'au bout l'indépendance de cette salle nécessaire à l'exposition de la diversité du cinéma sur les écrans...
Votre présence (si
votre emploi du temps le permet) aura une portée symbolique forte pour les spectateurs du MÉLIES, les médias et la Ministre de
la Culture (qui n'a pas donné suite à notre proposition de compromis pour transférer la gestion de l'équipe du Mélies à la
communauté d'agglo Est-Ensemble assurant d'ores et déjà celle des murs du "Nouveau Mélies" (6 écrans)! Dominique Voynet a fait
capoter ce compromis qui aurait permis à tous de sortir du conflit par le haut...
Espérant votre
présence mercredi soir
En toute
amitié
Jean-Pierre
Thorn
* relire sur le blog rubrique presse ACRIMED 27 février
Le Melies éphémère 3 aura lieu le 3 avril à 20h30... à l'espace 1789 de
Saint-Ouen, en partenariat avec l'association Renc'Art au Melies et le collectif independant de spectateurs qui défend lui aussi
l'équipe de la salle. L'évènement baptisé Ciné luttes, rassemblera Édouard Martin (Arcelor Mittal) et Xavier Mathieu
(Continental) et sera animée par Stéphane Goudet, autour du court métrage "SOUFFRE" de Paméla Varela et du long
metrage, " La Saga des Conti ", de Jérôme Palteau (présence du
réalisateur).
Un départ commun est envisagé depuis le Melies. A suivre.
Ce
documentaire retrace la lutte des ouvriers de
Continental Bande annonce
Une usine va fermer. Marta est
ouvrière.
Pour elle comme pour les autres, la grève
a été longue.
Silencieuse, isolée, Marta voit
s'éteindre tout espoir.
Le conseil d’administration issu de notre assemblée générale du 28 février 2013, s’est réuni le 18
mars et a élu son bureau. Lors de l’AG, j'avais déclaré ne pas souhaiter être à la présidence de l'association, mais face à
l’absence de volontaires et poussée par les membres du CA, j’ai accepté cette responsabilité avec comme demande expresse un
véritable travail collectif de notre bureau. Nous allons nous atteler à la tâche et prioritairement au rapprochement régulier
des membres du CA vers vous, afin de vous informer le plus souvent et le plus rapidement possible.
Ce nouveau programme a un goût amer. Il n’a pas été conçu par l’équipe que nous apprécions tous et
qui a été dissoute, cela s’en ressent. Nous continuons sans relâche à demander sa réintégration et tenons à saluer de nouveau,
l’extraordinaire lutte menée dans la dignité et la détermination par le personnel.
Notre cinéma a rouvert mais dans quelles conditions ?
Un programme dans lequel des séances sont annoncées alors qu’elles ne sont pas programmées ; des
débats (très rares) annulés au dernier moment ; des horaires pour les films grand public qui ne permettent pas de se rendre au
cinéma dans des conditions idéales (par exemple, Au bout du conte, le film d’Agnès Jaoui, programmé soit à 14 h soit à
21h45) ; un programme qui commence le 8 mars et dont la sortie papier a lieu le 18 ! Tout cela montre l’amateurisme et met en
évidence un certain manque de professionnalisme de la part de la nouvelle équipe.
Qui va nous parler de cinéma maintenant ? Qui va faire venir les réalisateurs du monde entier
pour animer nos soirées montreuilloises ? Qui va faire de l’éducation populaire autour des films du patrimoine ? Qui
va projeter les films des producteurs indépendants ?
L’attaque que vient de subir notre cinéma municipal, a certes, ses spécificités locales, mais
s’inscrit plus largement dans la charge des grands circuits d'exploitation contre l'existence des cinémas indépendants :
"Il arrive, certaines semaines, que cinq films commerciaux occupent près de 4 000 écrans sur les 5 200
disponibles".
Des résistances, à Nîmes, Belfort, Tours… s’organisent pour défendre les salles actuellement
menacées.
Ce mois ci, la dernière page du programme, habituellement réservée à notre association, est
désespérément vide. Renc’Art au Méliès est sanctionnée pour le soutien apporté à l’équipe. Cependant nous ne renoncerons pas à
vous faire partager et aimer le cinéma que nous aimons. Un nouveau courrier est parti en direction de la maire, demandant une
réunion urgente du conseil du cinéma. Dans une lettre envoyée dernièrement à l’association Mme la maire s’était engagée à le
réunir.
Dernièrement, de façon brutale, la Ville annonce qu’après le 31 mars,
les tickets (roses, verts, bleus) ne seront plus acceptés. À l’achat, pourtant, sur ces tickets, ne figurait aucune limite dans
le temps. Nous demandons qu’ils soient, ainsi que les cartes d’abonnement, validés sans date de péremption.
Enfin, nous notons avec désappointement le matraquage publicitaire qui s'est nettement intensifié lors des projections – le
commerce ou la culture : quel choix ? – ainsi que la disparation du cahier d'expression des spectateurs…
Une nouvelle ère s’ouvre. Fidèle à ses statuts, Renc'Art au Méliès fera tout pour que l’équipe injustement sanctionnée soit
réintégrée et pour que notre cinéma municipal Art et Essai qui nous a apporté tant de bonheur continue à illuminer nos jours.
Les Socialistes sont embourbés dans le bocage nantais à cause d'un aéroport... Mais les Écologistes s'enlisent dans un autre conflit,
politico-économico-culturel, à deux pas de Paris... Le Méliès, l'historique cinéma municipal situé à Montreuil, créé en 1897, a subit
46 jours de grève (seules les séances destinées aux scolaires étant maintenues) avant de rouvrir le 6 mars, avec le film d'Agnès
Jaoui, Au bout du conte... Et au bout du compte, on assiste affligés à une guérilla juridique et médiatique entre une
maire, l'ancienne ministre Dominique Voynet, et des artistes, employés municipaux et autres professionnels de la profession.
Voynet versus "La Diva"
Cependant la maire a gagné une bataille puisque la grève est terminée. Le bilan est lourd. Outre les trois salariés suspendus de leurs
fonctions, le directeur artistique, Stéphane Goudet, "La Diva" selon Voynet comme le rapporte Le Canard
Enchaîné, a été licencié : "manquement au devoir de réserve, insultes subliminales sur internet, non-dénonciation d'une
irrégularité comptable et nuisance à l'image de la ville et du projet". Cela risque de coûter cher aux prud'hommes si aucun de ces
motifs n'est juste. Depuis 2002 Goudet avait pourtant réussi à résister à la concurrence des multiplexes tout en conservant une
programmation art et essai assez pointue et salutaire dans cette banlieue écartelée entre cités HLM et nouveaux lofts pour "bobos".
Grâce à lui, le Méliès a vu défiler quelques uns des plus grands cinéastes du moment. "Stéphane Goudet a fait un travail
exceptionnel et a subi un traitement honteux" raconte David Henochsberg, exploitant parisien.
143 000 € détournés selon la Mairie
Petit rappel des faits. Le 3 décembre 2012, la ville de Montreuil ordonne une "enquête administrative", présumant de dysfonctionnements
dans la gestion du cinéma municipal. 143 000€ manqueraient dans les caisses selon la commune. Le 6 décembre Dominique Voynet saisit le
procureur et porte plainte contre X pour "détournement de fonds publics" : caisse noire, double billetterie, ... Tout
cela devait être confidentiel, mais chaque parties a préféré s'envoyer ses arguments par voie de presse. De fausses accusations sont
échangées au passage.
En février, le Trésor Public annonce qu'il manque 8 000 € (abonnements
scolaires de la saison en cours). Soit 0 € en juin, puisque ces abonnements doivent être payés à la fin de l'année scolaire. On est
loin de la somme totale évoquée par la mairie.
Mais la Ville évoque d'autres soucis de gestion : ainsi elle affirme que les séances dites non commerciales auraient
généré 77 000 € de recettes, qui n'auraient pas été reversées dans les
caisses de cinéma. Le Méliès se défend en arguant que la municipalité a gonflé le nombre de spectateurs allant voir des films
expérimentaux ou autoproduits ou des documentaires sans distributeurs… Au mieux cela ne concerne finalement qu'une quinzaine de séances
et une moyenne de 30 spectateurs payants (trois fois moins que le chiffre retenu par le rapport de la Mairie). Et le rapport confirme
que les sommes étaient bien reversées dans les caisses.
Mais l'absurde va plus loin : tous les cinémas disposent du droit d'exonérer un spectateur (équipes de films, cartes professionnelles,
cartes vertes des critiques, carte CICAE des exploitants, invités...). Mais en 2009, les élus municipaux ont révisé tous les tarifs du
cinéma à la hausse, oubliant de mettre une exception sur cette "gratuité". Légalement, donc, les exonérations sont facturables au tarif
d'un billet de cinéma, soit 58 000 € à récupérer. Ce serait une première et
un non-sens total.
Pas un centime n'a été détourné selon le Méliès
S'ajoutent à tout cela des imbroglios administratifs, sociaux (harcèlement, licenciements, grèves dans d'autres services de la
mairie...), des failles dans le rapport - une enquête interne faite avec nonchalance -, ou encore des méthodes pas très orthodoxes pour
faire pression sur des employés ou des ennemis politiques... Tout y passe. Rien qu'au Méliès, il y a eut quatre accusations diverses
(classées sans suite) en moins de deux ans de la part de la mairie. L'ancien adjoint à la culture, un socialiste viré par Voynet il y a
trois ans, explique que "le détournement veut dire juridiquement que l'argent ne passe pas par la voie prévue, mais il n'y a eu
aucun enrichissement personnel". Les syndicalistes ajoutent : "pas un centime, pas un euro n’ont été détournés du budget du
cinéma."
La SRF accuse Voynet sans prendre de gants : "Toutes les allégations sur de prétendues 'irrégularités comptables' ne sont en fait
qu'un prétexte pour aboutir au licenciement de Stéphane Goudet et démanteler l'équipe du Méliès, en portant atteinte à leur honneur, à
celui des régisseuses, des caissiers et de ceux qui les ont défendus".
Jaoui, Donzelli, Amalric, Podalydès prennent les armes
Agnès Jaoui, Laurent Cantet, Mathieu Amalric, Arnaud Desplechin, Valérie Donzelli, Bruno Podalydès et Robert Guediguian ont
apporté leur soutien dans une tribune publiée dans Libération, "Voynet-Méliès: la guerre est déclarée" ; ils y affirment
"leur engagement au côté de l'équipe" du cinéma Le Méliès contre "l'aveuglement de la mairie de Montreuil", après la
mise à pied de trois salariés du cinéma, accusés de détournement de fonds. "Aveuglée par des luttes de territoire politiciennes,
Dominique Voynet ne semble pas voir l’essentiel", dénoncent les signataires. "En déclarant la guerre au Méliès, elle affaiblit
l’une des salles d’art et d’essai les plus exemplaires de France. Et (...) ce faisant, elle rend plus difficile le combat de tous ceux
qui se battent pour une meilleure exposition de nos films", ajoutent-ils.
Moll, Anspach, Guédiguian entrent en résistance
Membres du conseil du Cinéma Méliès, Dominique Cabrera, Dominik Moll, Solveig Anspach et Robert Guédiguian ont rédigé un appel :
"Le cinéma Méliès de Montreuil est à nouveau en crise. Alors que nous devrions être occupés à préparer au mieux l’ouverture, prévue
fin 2013, du plus grand complexe d’art et essai-recherche municipal de France, un climat de délation et de soupçon empoisonne
l’atmosphère. On parle de “découverte d’une caisse noire”, de “détournement de fonds". On dénonce les salariés du Méliès à la
télévision, comme si l’on connaissait les conclusions d’une enquête qui ne fait que commencer. C’est la troisième fois en un an que les
mêmes personnes sont attaquées pour des motifs chaque fois différents, avec chaque fois serment de détenir des éléments graves et
déterminants."
Les citoyens occupent la salle, et sont évacués par la police
Le 16 mars dernier, une centaine de citoyens, motivés par l’association de spectateurs 'Renc’art au Méliès', a occupé le cinéma pour
protester contre le récent démantèlement de l'équipe. La dernière séance a été annulée et les spectateurs sont décidés à dormir sur
place. Une quinzaine d'entre eux étaient munis de sacs de couchages pour finalement être évacués par la police à la demande de la
mairie.
La Mairie est actuellement piégée dans un bourbier qui dépasse les frontières de la ville, grâce aux bons relais médiatiques dont
disposent les défenseurs et soutiens du Méliès. D'autant qu'elle a sa part de responsabilités en ayant voté les budgets ou, a
contrario, oublié de vérifier les incohérences financières de ses votes. "Le Méliès rouvre, mais rien n’est réglé, souligne sa
présidente Marie-Madeleine Cornières. Des écritures comptables sont peut-être passées, mais est-ce que cela méritait cette
justice municipale expéditive, cette enquête à charge? Dominique Voynet a sali l’image de la ville et de ses agents." L'opposition
comme les alliés politiques dénoncent la brutalité des méthodes de la Maire et exigent une mission d'information et d'évaluation.
Pendant ce temps, le nouveau Méliès, longtemps promis et déjà né dans la souffrance (lire notre actualité du 14 mars
2010), est un chantier en jachère... Et le risque est grand que le Méliès qui attire des dizaines de milliers de spectateurs et
encaissent 700 000 euros de recettes en moyenne par an perde de son attrait alors que la fréquentation nationale est en baisse et que
de nouvelles salles ouvrent dans la même zone géographique.
Le Parisien ne semble pas savoir compter
50 personnes à la place de 74 et ne semble pas non plus s'être renseigné sur les organisateurs
"ces manifestants, emmenés par l'association Renc'Art au Méliès, le comité de soutien
du Méliès, des cinéastes, et le Comité des citoyens montreuillois ..." et non, tout faux, les "manifestants" n'ont été "emmenés" par personne, ce
sont tout simplement, des spectateurs, citoyens à part entière de la Ville qui se
mobilisent autour de leur cinéma, et d'une certaine idée de la culture ... quand il est temps de prendre ses affaires en main ....(http://lemeliesenlutte.canalblog.com/)
CINEMA MELIES –
COMMUNIQUE DES ELUS RSM : Samedi 16 mars 2013, des spectateurs montreuillois ont refusé de quitter la salle de cinéma après la projection d’un film. Leur demande : la réintégration des personnels
écartés ou licenciés, ainsi que l’organisation d’un débat sur le devenir de la politique publique du cinéma.
La veille, la conseillère municipale déléguée au cinéma avait annulé par SMS une rencontre initialement prévue pour dialoguer avec des membres du comité de soutien du Méliès. Drôle de façon «
d’apaiser » la situation…
Malgré une occupation digne et calme, Dominique Voynet a choisi une fois encore le recours à la force.
Refusant de se rendre sur place pour dialoguer avec ses concitoyens, la maire de Montreuil a réquisitionné sine die les forces de l’ordre pour faire évacuer ceux qu’elle devait
considérer comme de dangereux intellectuels et agitateurs !
Les photos et les vidéos diffusées sur internet montrent clairement l’arrivée massive de policiers et l’évacuation musclée du cinéma, avec des spectateurs traînés par les pieds,
ceinturés…
Après la brutalité verbale permanente comme substitut à toute discussion, à tout échange et en toute occasion, Dominique Voynet franchit une nouvelle étape dans la violence.
Récemment, sur France 3 Ile-de-France, Dominique Voynet avait voulu se placer en victime en dénonçant une « vie politique rude et brutale à Montreuil » et justifiant son refus de dire
dès aujourd’hui si elle était candidate à un 2e mandat par cette curieuse phrase : « je n’ai pas envie de me promener pendant un an, avec une cible au milieu du front ».
Incroyable retournement de situation… Désormais, si « cible » il y a, elle semble plutôt être constituée par les Montreuillois.
Les élus RSM condamnent la méthode brutale qui a été choisie hier soir pour faire évacuer le cinéma municipal et l’absence absolue de toute volonté de dialogue par la maire et son adjoint à la
culture.
L’histoire retiendra que dans une ville de gauche et dans un département où l’on déplore fréquemment le manque de policiers, la maire de Montreuil n’a pas hésité à faire donner la troupe dans un
cinéma d’art et d’essai municipal.
Triste fin de mandat…les Montreuillois méritent vraiment mieux.
Le 4 mars 2013. Par le Groupe des élus socialistes et le Groupe des élus communistes et FASE du conseil municipal de Montreuil.
Depuis plus d’un mois, les salariés de notre cinéma municipal Le Méliès sont en grève, aux côtés du directeur artistique et des deux régisseuses, suspendus par la municipalité, ainsi que
de leur collègue projectionniste en fin de contrat. Du jamais-vu dans notre ville de Montreuil. à l’origine, le conflit opposant depuis un an et demi la maire, Dominique Voynet, et sa
majorité municipale à l’équipe du cinéma qu’elles ont décidé de démanteler.
Accusations de harcèlement, recrutement par voie de presse d’un nouveau directeur sans que personne au cinéma n’en ait été informé… rien n’est laissé au hasard par madame Voynet pour
tenter de déstabiliser et de démembrer l’équipe du Méliès. Hélas ! La solidarité prévaut toujours à Montreuil, et le constat est rude : au bout d’un an et demi de salves régulières,
l’équipe du Méliès est toujours unie, toujours debout. Il faut donc frapper un grand coup. Ce que fait la maire début décembre 2012, en diligentant une nouvelle enquête administrative –
une première avait été mise en place en début d’année, incitant les agents du cinéma à déposer un préavis de grève. Ce faisant, elle prend de court les enquêteurs en évoquant dans un
communiqué une « caisse noire », tandis que l’un de ses adjoints annonce sur son blog d’élu un « détournement de fonds publics au Méliès ». Dès lors, c’est l’hallali. Rumeurs, accusations
jusqu’en séance du conseil municipal, piétinement de la présomption d’innocence – « Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose » –, le système Voynet est en place.
Le 8 février, nous, élu(e)s des minorités et de l’opposition, apprenons que la directrice générale des services a, par voie de presse, communiqué des extraits du rapport de l’enquête
administrative. Bien entendu, aucune, aucun d’entre nous n’est destinataire de ces extraits que nous nous procurons, en demandant parallèlement à la maire de nous faire parvenir
l’intégralité du rapport – ce que, à ce jour, elle n’a toujours pas fait.
Quid de cette enquête dirigée par quatre personnes – la directrice générale des services, deux directeurs généraux adjoints et la directrice des ressources humaines – que l’on ne peut
raisonnablement soupçonner d’être à décharge dans cette affaire ? La conclusion qui apparaît est la suivante : « Ces faits constituent de graves manquements aux règles de la comptabilité
publique, aux règles applicables aux collectivités publiques et au code du cinéma. » L’ironie, c’est que pour l’année 2012, ce sont les deux directeurs généraux-enquêteurs qui ont été
missionnés au Méliès pour s’occuper de son administration et de ses finances. Non seulement ces deux personnes sont juges et parties, mais elles sont, en outre, incriminantes et
incriminées ! Et en s’incriminant elles-mêmes, elles incriminent de fait leur hiérarchie suprême, à savoir la maire ! Imaginez une victime autoproclamée portant plainte contre elle-même.
Alfred Jarry l’a rêvé, Dominique Voynet l’a fait !
En effet, si dysfonctionnement il y a, la responsabilité première en incombe à la hiérarchie administrative et aux élus, qui sont censés mettre en place les dispositifs administratifs et
financiers, ou contrôler ceux qui existent, les agents, en particulier ceux de catégorie C, comme les deux régisseuses mises en cause, devant obéir.
à plusieurs reprises, en particulier en séance du conseil municipal, madame Voynet a affirmé que les dysfonctionnements financiers au Méliès dataient de la municipalisation du cinéma en
2002 – il était alors associatif. Or, à cette époque, le directeur de l’action culturelle chargé de la mise en place des procédures budgétaires au Méliès n’était autre que… l’actuel
adjoint à la culture et aux finances de madame Voynet ! Il faudrait que cette personne soit particulièrement incompétente pour n’avoir jamais été au courant des fonctionnements
administratif et financier de notre cinéma. Et il faudrait que notre administration soit particulièrement défaillante (ce que nous refusons de croire) pour en être également ignorante.
Ainsi, à notre sens, les conclusions de l’enquête administrative désignent très clairement les premiers responsables : la hiérarchie administrative et les élus en charge de l’action
municipale, d’autant que le budget et le compte administratif du Méliès sont présentés et votés chaque année en conseil municipal. La maire se rend-elle compte qu’en voulant faire tomber
des têtes, c’est la sienne qu’elle menace ? Pas sûr. Car il semble, que malgré l’évidence, elle décline toute responsabilité personnelle vis-à-vis des faits qu’elle reproche aux agents du
Méliès. Tel n’est pas notre cas.
Nous, élu(e)s des minorités et de l’opposition exigeons très solennellement d’être entendus dans le cadre de l’enquête et de prendre, en conscience, notre part de responsabilité en cas de
dysfonctionnement avéré, et ce quelque minime soit-il.
En tant que conseillères et conseillers municipaux, nous disposons chaque année des documents budgétaires et administratifs relatifs au Méliès. Si un dysfonctionnement nous a échappé,
contrairement à la maire et à sa majorité, nous ne dérogerons pas à nos responsabilités. C’est pourquoi en solidarité avec les agents du cinéma Le Méliès nous demandons à être entendus
dans le cadre des enquêtes diligentées.
Le Méliès : Les 4 preuves de la mauvaise foi de la ville
Les trois reproches faits à l’équipe du Méliès dans la conclusion de la pseudo “enquête administrative” menée par la Direction Générale des Services correspondent à des
pratiques connues et validées par la direction générale elle-même, par le cabinet de la Maire et par les élus !
Elles ont même fait l’objet de mises en valeur dans le programme du cinéma, pour lequel le cabinet de la maire et la direction générale donnent un bon à tirer !
“L’enquête” était donc bien une mise en scène, destinée à justifier le licenciement
de Stéphane Goudet et la dislocation de l’équipe du Méliès, jugée trop libre, trop solidaire et trop reconnue, pour une maire qui ne supporte pas les têtes qui dépassent et
les services unis, et entend revoir la ligne éditoriale du cinéma.
Des fidèles du cinéma d'art et d'essai de Montreuil se sont rassemblés, samedi matin, devant les portes closes de l'établissement.Crédits photo :
Bruno LEVESQUE/GLOBEPIX/GLOBEPIX
Ce cinéma d'art et d'essai est au centre d'un bras de fer entre la maire de la ville, Dominique Voynet, et sa direction actuelle.
«Je soutiens le Méliès de Montreuil, saison 2.» Le texte était imprimé sur des autocollants affichés sur les vestes des fidèles du cinéma d'art et d'essai de Montreuil, qui se sont rassemblés, samedi matin vers 10 heures, devant les portes closes de l'établissement. Tous se sont ensuite rendus à la
conférence animée par l'équipe du Méliès désireuse de répondre point par point aux accusations dont elle fait l'objet.
Nouvel épisode donc, dans l'histoire du Méliès, cinéma créé en 1971, qui connut de nombreux rebondissements. Et plusieurs actions en justice. La dernière en date vient de la mairie de Montreuil,
actuelle propriétaire du cinéma qu'elle subventionne à hauteur de 250.000 euros par an. Motif de la plainte déposée contre X, le 6 décembre dernier, par la maire Dominique Voynet (EELV): détournement de fonds publics. L'élue aurait été informée de l'existence d'une «caisse noire» au sein du cinéma,
nourrie par un système de double billetterie lors de séances non commerciales. Le préjudice sur dix ans, selon la mairie, se chiffrerait à 143.000 euros de manque à gagner.
Le directeur artistique suspendu de ses fonctions
Stéphane Goudet, directeur artistique du Méliès depuis 2002, en conflit depuis plusieurs mois avec la municipalité, est tout particulièrement visé par cette plainte. Suspendu de ses fonctions
depuis décembre, il est en cours de licenciement pour, notamment, «manquement à l'obligation de réserve et non-dénonciation de pratiques comptables irrégulières». La programmatrice et deux
régisseuses, «mutées dans l'intérêt du service», sont également sur la sellette. L'équipe en place est donc en grève depuis déjà un mois. Mais garde le soutien de cinéastes réputés (Agnès Jaoui,
Bertrand Tavernier, Matthieu Amalric…) et des habitués. Tel Jean-Claude*, cinéphile de 76 ans, membre de l'association Renc'Art au Méliès, qui s'agaçait d'entendre Dominique Voynet parler de la
programmation «élitiste et destinée aux bobos» du cinéma municipal.
Le public venu écouter les débats samedi matin n'avait en effet rien de «bobo». Plutôt situé dans la classe moyenne, flirtant avec les 60 ans d'âge moyen, c'est en opinant du chef qu'ils ont
écouté le réalisateur Robert Guédiguian faire part de sa tristesse et de sa colère: «La municipalité nous apprend que cette équipe du Méliès aussi dévouée que brillante est une bande de voleurs,
d'escrocs, d'incapables. Nous ne le croyons pas.»
L'équipe en place conteste les détournements de fonds
Marie, jeune employée en charge des séances scolaires, enchaîne: «Sur la somme fantaisiste que le cinéma devrait à la ville, on nous réclame 8000 euros d'abonnements scolaires non encaissés.
En fait, les parents ont l'année scolaire pour payer le forfait de 10 euros pour 5 films. Les 8000 euros manquants étaient simplement en attente de règlement.» Quant au manque à gagner
de 77.000 euros sur dix ans, du fait d'encaissement de séances spéciales - souvent des films amateurs, sans visa de distributeurs -, il est calculé sur une moyenne de 91,2 spectateurs par
séance. «Or, on tourne plus souvent autour de 30 spectateurs, surtout quand on projette un documentaire slovène sous-titré», selon l'équipe en place.
Beaucoup évoquent des arrière-pensées politiques pour expliquer les accusations de la mairie. Un ancien programmateur de cinémas d'art et d'essai en banlieue parisienne suggère plutôt des raisons
économiques. Déjà engagée dans le projet d'une future piscine écologique sur les hauts de Montreuil estimé à 15 millions d'euros, la mairie n'a pas forcément les moyens de financer aussi les
salaires et l'entretien du tout nouveau cinéma Méliès de six salles qui doit ouvrir fin 2013 en centre-ville. Ce futur plus grand cinéma municipal d'art et d'essai de France pourrait, non pas
coûter, mais rapporter une jolie somme à la ville, si l'un des deux groupes sur les rangs pour le gérer à la place de la municipalité le prenait en concession.
* Le prénom a été changé.
LIRE AUSSI:
LES ARTICLES DE LA PRESSE
Des élus « complices » et solidaires des salariés du cinéma Le Méliès !
Par le Groupe des élus socialistes et le Groupe des élus communistes et FASE du conseil municipal de Montreuil.
Depuis plus d’un mois, les salariés de notre cinéma municipal Le Méliès sont en grève, aux côtés du directeur artistique et des deux régisseuses, suspendus par la municipalité, ainsi que de
leur collègue projectionniste en fin de contrat. Du jamais-vu dans notre ville de Montreuil. à l’origine, le conflit opposant depuis un an et demi la maire, Dominique Voynet, et sa majorité
municipale à l’équipe du cinéma qu’elles ont décidé de démanteler.
Accusations de harcèlement, recrutement par voie de presse d’un nouveau directeur sans que personne au cinéma n’en ait été informé… rien n’est laissé au hasard par madame Voynet pour tenter
de déstabiliser et de démembrer l’équipe du Méliès. Hélas ! La solidarité prévaut toujours à Montreuil, et le constat est rude : au bout d’un an et demi de salves régulières, l’équipe du
Méliès est toujours unie, toujours debout. Il faut donc frapper un grand coup. Ce que fait la maire début décembre 2012, en diligentant une nouvelle enquête administrative – une première
avait été mise en place en début d’année, incitant les agents du cinéma à déposer un préavis de grève. Ce faisant, elle prend de court les enquêteurs en évoquant dans un communiqué une
« caisse noire », tandis que l’un de ses adjoints annonce sur son blog d’élu un « détournement de fonds publics au Méliès ». Dès lors, c’est l’hallali. Rumeurs, accusations jusqu’en séance du
conseil municipal, piétinement de la présomption d’innocence – « Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose » –, le système Voynet est en place.
Le 8 février, nous, élu(e)s des minorités et de l’opposition, apprenons que la directrice générale des services a, par voie de presse, communiqué des extraits du rapport de l’enquête
administrative. Bien entendu, aucune, aucun d’entre nous n’est destinataire de ces extraits que nous nous procurons, en demandant parallèlement à la maire de nous faire parvenir l’intégralité
du rapport – ce que, à ce jour, elle n’a toujours pas fait.
Quid de cette enquête dirigée par quatre personnes – la directrice générale des services, deux directeurs généraux adjoints et la directrice des ressources humaines – que l’on ne peut
raisonnablement soupçonner d’être à décharge dans cette affaire ? La conclusion qui apparaît est la suivante : « Ces faits constituent de graves manquements aux règles de la comptabilité
publique, aux règles applicables aux collectivités publiques et au code du cinéma. » L’ironie, c’est que pour l’année 2012, ce sont les deux directeurs généraux-enquêteurs qui ont été
missionnés au Méliès pour s’occuper de son administration et de ses finances. Non seulement ces deux personnes sont juges et parties, mais elles sont, en outre, incriminantes et incriminées !
Et en s’incriminant elles-mêmes, elles incriminent de fait leur hiérarchie suprême, à savoir la maire ! Imaginez une victime autoproclamée portant plainte contre elle-même. Alfred Jarry l’a
rêvé, Dominique Voynet l’a fait !
En effet, si dysfonctionnement il y a, la responsabilité première en incombe à la hiérarchie administrative et aux élus, qui sont censés mettre en place les dispositifs administratifs et
financiers, ou contrôler ceux qui existent, les agents, en particulier ceux de catégorie C, comme les deux régisseuses mises en cause, devant obéir.
à plusieurs reprises, en particulier en séance du conseil municipal, madame Voynet a affirmé que les dysfonctionnements financiers au Méliès dataient de la municipalisation du cinéma en 2002
– il était alors associatif. Or, à cette époque, le directeur de l’action culturelle chargé de la mise en place des procédures budgétaires au Méliès n’était autre que… l’actuel adjoint à la
culture et aux finances de madame Voynet ! Il faudrait que cette personne soit particulièrement incompétente pour n’avoir jamais été au courant des fonctionnements administratif et financier
de notre cinéma. Et il faudrait que notre administration soit particulièrement défaillante (ce que nous refusons de croire) pour en être également ignorante.
Ainsi, à notre sens, les conclusions de l’enquête administrative désignent très clairement les premiers responsables : la hiérarchie administrative et les élus en charge de l’action
municipale, d’autant que le budget et le compte administratif du Méliès sont présentés et votés chaque année en conseil municipal. La maire se rend-elle compte qu’en voulant faire tomber des
têtes, c’est la sienne qu’elle menace ? Pas sûr. Car il semble, que malgré l’évidence, elle décline toute responsabilité personnelle vis-à-vis des faits qu’elle reproche aux agents du Méliès.
Tel n’est pas notre cas.
Nous, élu(e)s des minorités et de l’opposition exigeons très solennellement d’être entendus dans le cadre de l’enquête et de prendre, en conscience, notre part de responsabilité en cas de
dysfonctionnement avéré, et ce quelque minime soit-il.
En tant que conseillères et conseillers municipaux, nous disposons chaque année des documents budgétaires et administratifs relatifs au Méliès. Si un dysfonctionnement nous a échappé,
contrairement à la maire et à sa majorité, nous ne dérogerons pas à nos responsabilités. C’est pourquoi en solidarité avec les agents du cinéma Le Méliès nous demandons à être entendus dans
le cadre des enquêtes diligentées.
LES PREMIERS SIGNATAIRES
Premiers signataires : Solveig Anspach - Dominique Cabrera - Robert Guédiguian – Dominik Möll (cinéastes, membres du conseil du cinéma Mélies) rejoints
par : Premiers signataires : Solveig Anspach - Dominique Cabrera - Robert
Guédiguian – Dominik Moll(cinéastes, membres du
conseil du cinéma Mélies) rejoints par :
Jose Alcala – Benoît Ameil - Michel Andrieu - Stéphane Arnoux - Alima Arouali – Thomas Bardinet - Jean-Jacques Beineix – Claude
Berne - Christophe Blanc – Bertrand Bonello - Laurent Bouhnik - Zabou Breitman - Chantal Briet – Stéphane Brizé - Pascale Breton - Isabelle Broué
- Sophie Bruneau - François Caillat - Laurent Cantet - Angelo Caperna - Mathieu Chatellier – Laurent
Chevallier - Daniel Cling - Jean-Louis Comolli – Véronique Cratzborn - Luc Decaster - Claire Denis – Pascal Deux – Jean Douchet - Patrice Dubosc - Bruno Dumont - Jean-Pierre Duret - Laure
Duthilleul - Philippe Faucon – Eléonore Faucher - Daniela de Felice - Fabrice Génestal – Jean-Louis Gonnet - Alain Guiraudie - Yannik Kergoat – Anne-Lise King - Anne Kunvari - Estelle
Larrivaz – Pierre-Oscar Levy - Michel Leclerc – Luc Leclerc du Sablon - Damien Lecointre Nedelec - Patrice Leconte – Blandine Lenoir – Lorraine Levy - Christophe Loizillon – Angela Loyer
- Ivan Magrin-Chagnolleau - Jacques Maillot - Gilles Marchand - Tonie Marshall - Annie-France Mistral - Gérard Mordillat - Emmanuelle Millet - Stéphane Mercurio – Christian Monnier – Stan
Neumann –Mariana Otero - Gilles Perret - Monique Perez - Laurence Petit-Jouvet - Nicolas Philibert – Martin Provost – Alban Ravassard - Chantal Richard - Bruno Rolland – Laurent Roth -
Brigitte Roüan - Christian Rouaud - Marc-Antoine Roudil - Christophe Ruggia – Emmanuel Salinger - Rima Samman – Idir Sergine – Claire Simon - Marion Stalens - Brigitte Sy - Bertrand
Tavernier - Jean-Pierre Thorn – Marie-Claude Treilhou – Annie Tresgot - Vanina Vignal - jacques Vigoureux - Thomas Vincent - François Zabaleta – Anne Zinn-Justin - etc…